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01 September 2015

C'est la rentrée: que mangent les petits V à l'école le midi?

Parmi tous les préparatifs de la rentrée scolaire, entre mes boîtes de collations et autres cartables, je prévois des idées pour les repas que je vais bien pouvoir composer pour les boîtes à tartines de mes petits V. Cette année, ce sera pour deux enfants que je devrai trouver une idée quatre jours par semaine, sachant qu'ils n'aiment évidemment pas forcément les mêmes choses. Comme j'y réfléchis beaucoup, je me dis que sans doute d'autres parents cherchent de l'inspiration. Après avoir donné quelques pistes sur ce que je mets dans leurs tartines pour le midi, voici donc des idées de ce que Mlle V a pu manger comme plat à l'école l'année dernière, quand je profite des restes pour composer autre chose que de simples tartines.

À noter que j'ajoute toujours un petit dessert parce que les enfants qui mangent à la cantine en reçoivent un. J'essaie de privilégier les fruits et les compotes, ou les yaourts végétaux, mais parfois je lui ai aussi mis des biscuits, surtout quand j'avais peur que le plat soit trop léger. Il est très difficile d'évaluer l'appétit d'un si jeune enfant.

Petite précision: Mlle V a des goûts très précis et n'est pas du tout aventureuse pour l'alimentation, il est donc difficile de faire varié. J'essaie, mais je ne veux pas non plus de gaspillage, et sachant que s'il y a d'autres aliments en classe elle ne peut pas y toucher, je lui donne des choses dont je sais qu'elle les aime et va les manger. Essayer de lui faire apprécier la variété et les légumes est une chose que nous tentons au repas familial le soir ou le week-end, mais pas quand elle est à l'école le midi.


Restes de riz avec saucisse de soja en rondelles et reste de chutney de mangue maison comme sauce. Demi-rondelles de concombre. Restes de guacamole.


Restes de champignons et tofu fumé à la crème d'avoine, restes de semoule aux graines et sirop d'érable, restes de coeurs d'artichaut marinés sautés à la poêle.


Tartine au houmous aux olives; tartine au carpaccio de Vantastic Foods; concombre.


"Boulettes" à base de seitanfu (recette du livre Vegan), "magic beans" (haricots rouges avec shoyu, huile d'olive et levure de bière, recette du merveilleux blog Bonzai Aphrodite), olives.


Restes de tofu braisé, restes de riz sauté aux haricots blancs, brocoli sauce tahini.


Falafels, riz et bâtonnets de concombre.


Restes de pâtes sauce courgette (courgette mixée avec épices et crème d'avoine), tranche de tofu aux poivrons, bâtonnets de concombre.


Restes de salade de pomme de terre avec épices, mayonnaise vegan et "carpaccio" de Vantastic Foods, tofu basilico et rondelles de concombre.


Rondelles de tortilla à la tapenade d'olives noires, restes de salade de pommes de terre.

Voilà quelques exemples pour se réinspirer avant d'attaquer une nouvelle année. Et vous que mettez-vous dans les boîtes à repas de vos petits V? Je suis preneuse de toutes les idées pour me renouveler! Bonne rentrée...

29 June 2015

Les défis de l'école ou la créativité alimentaire à la dernière minute

L'année scolaire touche à sa fin, dans la joie et la tristesse, ce doux mélange de mélancolie qui commence trop tôt et d'impatience exaltée. C'est la dernière fois où je n'ai qu'un seul enfant à l'école, puisque Mini V fera sa joyeuse entrée en maternelle à la rentrée. Mes casse-tête seront multipliés, mais mes trajets quotidiens seront simplifiés. Verre à moitié plein, toujours.

Avant de célébrer la liberté de l'été (enfin, celle des enfants), petit retour sur des défis relevés au cours de ces derniers mois.


En effet, Mlle V a eu la chance de participer à de nombreuses activités avec sa classe, mais certaines n'étaient évidemment pas compatibles avec son mode de vie vegan. Pour le quotidien, elle était bien parée avec ses boîtes et la question des anniversaires était grandement simplifiée. Pour le reste, il a parfois fallu jongler.

Parfois c'était simple, il fallait juste adapter un peu par-ci, faire quelques cupcakes par-là. Et parfois c'était un peu plus surprenant. Mlle V et ses camarades ont ainsi abordé le thème de la préhistoire, notamment grâce à l'exposition sur les grottes de Lascaut qui a eu lieu au Cinquantenaire. Un investissement magnifique, un intérêt palpable, et puis... l'annonce par les maîtresses d'un grand "repas de Cro-Magnons" avec déguisements faits maison, et surtout nourriture "préhistorique": des légumes, ok, des brochettes de fruits, super. Et des cuisses de poulet, à manger avec les mains en grognant comme de vrais hommes préhistoriques... C'est le genre d'annonce qui me fait rater un petit battement de coeur, avant de repartir à la recherche d'une solution.


Pour le coup c'est Mister V qui a trouvé une idée qui permettait à Mlle V d'avoir quelque chose qu'elle aime, et qui puisse être mangé de la même façon. Il a préparé du seitanfu maison issu de notre bible de cuisine, Vegan de Marie Laforêt. Ensuite, je l'ai façonné pour donner des formes ressemblant le moins peu possible à des cuisses de poulet, et puis nous voulions planter des bâtonnets dedans pour faire l'os. Pas de chance, je n'en ai pas retrouvé dans mes tiroirs le matin même à 6h12. Mlle V est donc allée à l'école avec des cuisses de poulet vegan faites de seitanfu et de... petites cuillères en plastique plantées dedans! Elle a adoré, a pu faire comme les autres tout en se respectant. Ouf, défi relevé en équipe et haut la main.

Et puis vers la fin de l'année scolaire, la classe a suivi le thème des autres cultures, en voyant plein de pays différents - et en mettant les parents à contribution. Le résultat, c'est qu'au milieu des ateliers, chansons et danses, il y a eu énormément de nourriture: souvent nous ne le savions pas avant, et Mlle V nous a annoncé l'événement par après, mais elle a toujours eu quelque chose en échange. Parfois, miracle, c'était vegan, comme les roulés éthiopiens à trois goûts différents dont une version aux pois chiches.


Et puis un grand repas multiculturel a été annoncé: Grèce en entrée, Suède en plat principal, Autriche au dessert. Je n'ai jamais réussi à savoir ce qu'il y a eu de grec, le plat principal annoncé était évidemment composé de boulettes et de pommes de terre, et enfin un struedel aux pommes fermait la marche. Le tout cuisiné en classe au préalable.


Pour la Suède, j'ai dû laisser tomber, Mlle V n'aimant aucune des versions de boulettes vegan testées jusque là. On a pensé à refaire du seitanfu, mais le temps a joué contre nous. Pour la Grèce, j'ai dû imaginer. J'ai acheté des feuilles de vignes farcies sans viande, sachant que Mlle V les adore. J'ai fait un tzatziki maison au hasard: yaourt de soja nature, jus de citron, huile d'olive, concombre, menthe. Je me suis levée plus tôt pour cette préparation, pour que le tzatziki soit bien frais.

Et pour le struedel, j'ai trouvé une recette en ligne (dont j'ai malencontreusement perdu le lien après, sinon je le mettrais). Je n'étais pas persuadée que Mlle V allait aimer, mais au moins elle aurait le choix d'en avoir une version vegan. Et nous avons amené tout ça en classe le matin même.


Au final, elle a passé une très belle journée et un bon repas. Elle n'a aimé ni le tzatziki (alors qu'elle en aime tous les ingrédients séparément), ni le struedel. D'ailleurs aucun des struedels car celui fait en classe était également vegan. Si j'avais su...


Cela n'a l'air de rien dit comme ça, mais ces situations sont un véritable casse-tête, parce que nous sommes toujours prévenus à la dernière minute. Dans l'idéal j'aspire à trouver alors une alternative qui soit le plus ressemblante possible, tout en restant simple, qui n'ajoute pas de travail aux maîtresses qui en ont déjà bien assez comme ça, et qui plaise à Mlle V qui a hérité de mon côté disons... précis dans ses goûts.Pas toujours évident à concocter de la veille au lendemain avec les moyens du bord, ou plutôt des réserves, au milieu d'une vie qui roule déjà (trop) à toute vitesse.


Je constate en tout cas qu'au fil des mois et maintenant années je gère mieux ces situations, je trouve plus facilement mes marques. Et cela nous donne tous de la force. Je sens d'ailleurs que ma fille n'est pas vraiment inquiète, parce qu'elle est persuadée qu'on trouvera toujours des solutions. Une marque de confiance magnifique - et qui place la barre haut. 

Allez, on va profiter des vacances pour se reposer de tous ces défis, pour mieux reprendre en septembre, multiplié par deux!

09 December 2014

Dans les tartines de Mlle V

Après de longues semaines d'absence, me voici enfin de retour sur le blog! Cela va rester chaotique encore un moment pour cause de vie bien remplie et de déménagement, mais je promets de moins délaisser ces pages à l'avenir...

Alors, régulièrement, on me demande ce que je donne à manger à midi à ma fille qui va à l'école. Encore il y a peu, la question est arrivée par Nicolas. En effet, Mlle V ne mange jamais le repas chaud et amène tous les jours sa boîte à tartines, puisque le repas chaud de l'école n'est évidemment jamais vegan.

Je rêverais d'être une source d'inspiration avec plein d'idées de tartines toutes plus joyeuses les unes que les autres, mais il faut que je vous avoue: je manque souvent de temps et d'imagination, et Mlle V est assez difficile. 

Depuis qu'elle est à l'école, j'essaie régulièrement de lui donner quelque chose de consistant, et ainsi profite quand c'est possible des restes de nos soupers. De cette façon, je sais déjà si elle aime ou pas, et c'est très rapide à préparer: je le mets déjà dans sa boîte à tartines au frigo quand je range la cuisine le soir. Par "quand c'est possible", je veux dire quand il y a effectivement des restes et que c'est un plat qui peut se manger froid - et qui ne soit pas trop salissant. Aujourd'hui, par exemple, elle a dans sa boîte à tartines les restes de riz aux courgettes et au bacon vegan d'hier soir, avec une saucisse de soja en bonus. Parfois, j'ai une inspiration et lui prépare des petits feuilletés faciles à manger.

Mais le plus souvent, c'est opération tartines à préparer au réveil. Le défi est qu'il faut quelque chose de facile à manger, qui supporte quelques heures hors frigo, et qui plaise à ses papilles.

Alors, qu'est-ce qui se cache entre ces tranches de pain?
  • du houmous avec des rondelles de concombre (houmous classique ou variations type houmous aux olives ou houmous au curry)
  • des tranches de tofu au poivron "Papillon"
  • du pâté de légumes Abinda - elle en raffole
  • du pâté de champignons
  • du salami vegan Wheaty
  • des tranches fumées Wheaty
  • du cream "cheese" Tofutti avec des rondelles de concombre
  • du caviar d'artichaut
  • des petites tranches de tofu au basilic Taifun
  • de la mayonnaise vegan et des tomates en rondelles (ah non, ça c'est pour les adultes, Mlle V n'aime pas)
  • de l'Ajvar (sorte de pâté de poivrons)
  • ...
Voilà nos gagnants réguliers. J'ajoute quasi tout le temps à ceci des olives, car elle les adore et ça fait quelques vitamines au passage. Parfois au lieu de pain en tranches j'utilise des tortillas, que je roule puis découpe ensuite pour faire des petites spirales comme des sushis. Mlle V en est fan.
En essayant d'établir la liste de ce qu'elle mange le plus régulièrement, je me suis dit que ce n'était pas très varié. Et puis je me suis rendue compte que les enfants d'omnis n'ont pas plus de variété dans leurs tartines...

Et vous, que mettez-vous dans les tartines de vos petits vegans?

Recyclage éhonté de photo - ceci n'est ni chez nous ni ce matin.

02 September 2014

Nouvelle année scolaire, nouvelles habitudes

Ah, le stress de la rentrée! C'est un grand moment pour tout le monde, mais dans certaines situations ça peut demander plus d'organisation. Ainsi, une rentrée de petite vegane, ça se prépare. Heureusement, on commence à avoir l'habitude, et j'ai pu tranquillement préparer mes boîtes comme les autres années pour la collation du matin et pour le goûter de l'après-midi. Ajouter la petite fiche explicative, et hop, en route pour l'école en tremblant un peu quand même.

Mlle V changeant de bâtiment, nous découvrions de nouvelles personnes y compris pour la garderie. J'étais un peu perdue, et c'est ma fille qui me guidait presque, elle qui avait déjà visité les lieux et rencontré les maîtresses au cours d'échanges entre les différents niveaux.

Outre les nouveaux lieux et les nouvelles personnes, nous avons de nouvelles habitudes à créer. Dès l'accueil, quelques changements. Le goûter de la garderie de l'après-midi n'est plus fourni par l'école et chaque enfant doit le prévoir dans son sac d'école. Une boîte préparée pour rien, mais cette façon de procéder est bien plus pratique pour nous: pas de négociations à faire avec les responsables de la garderie, pas de différenciation entre Mlle V et ses camarades, et du coup la possibilité de lui mettre des goûters périssables comme des fruits. Apprendre ceci m'a réjouie.

Deuxième changement, les anniversaires sont fêtés tous ensemble, une fois par mois, à un jour fixé à l'avance. Et pour moi c'est un très grand soulagement! Plus besoin de garder un oeil sur les dates, de questionner les autres parents pour savoir quand amener une pâtisserie vegan, de culpabiliser quand Mlle V revient le soir en disant (calmement) qu'il y avait un gâteau d'anniversaire et qu'elle n'en a pas eu. Je vais pouvoir marquer dans le grand calendrier familial un jour par mois et je saurai à l'avance quand préparer muffins et autres cupcakes vegan à amener à l'école. Joie!

Enfin, pour la collation collective du matin - qui est parfois végétalienne et parfois pas du tout - Mlle V a bien ses habituelles boîtes (une avec des compotes, barres de céréales et autres biscuits au romarin et graines de lin, une autre avec des galettes de maïs pour les jours où le pain accompagnant la soupe quand c'est une soupe est un pain au lait), mais sa maîtresse l'a accueillie en lui expliquant gentiment que si tout le monde était bien informé et faisait attention au fil des semaines ce serait pourtant à elle de signaler quand elle doit prendre quelque chose dedans puisqu'elle sait ce qu'elle mange ou pas - et qu'elle est grande.

Cette responsabilisation souriante était bienveillante et nous l'apprécions. C'est une façon de lui montrer que son véganisme est accepté, respecté, mais également qu'il lui appartient. Et cette nouvelle donne correspond à son âge (5,5 ans) et lui permet de commencer à vraiment s'aproprier cette partie-là de qui elle est.

Et ça, c'est finalement le plus beau des changements.

20 February 2014

Un pain maison, un pain trahison, un pain avançons

Mlle Vegan est retournée à la ferme pédagogique avec son école. Comme expliqué auparavant, après mûre réflexion nous la laissons participer à ce projet de classe et nous encadrons le tout de grandes discussions sur les animaux rencontrés.

Mlle Vegan est revenue de cette journée avec un grand sourire et très très fière, car elle avait fait du pain. Son visage tout éclairé, tout grandi, tout ébloui, d'avoir fait du pain elle-même, d'y avoir ajouté des graines de sésame, et d'y avoir dessiné une petite décoration qu'elle nous a consciencieusement montrée d'un doigt respectueux. Un bon pain.

Ce pain-là, ce pain rare et précieux, nous l'avons dégusté avec notre repas du soir le jour-même. Mlle Vegan l'a rompu de ses petites mains et l'a distribué au fur et à mesure, à Mini Vegan, à Mister Vegan, à elle-même et à moi. Il était bon. Et nous avons passé un beau moment, à savourer à la lumière des bougies - oui, parfois on est comme ça; enfin surtout moi.

Lorsqu'est venu le moment pour Mini Vegan d'aller se coucher et pour Mlle Vegan de dessiner dans son "Cahier des Choses préférées" qu'elle remplit au quotidien - son premier journal, en quelque sorte -, on a reparlé de ce pain. Elle nous a expliqué comment elle l'a préparé. La farine, les graines de sésame, la levure, le beurre... Le beurre?!? Dans du pain?


Une fois tous les fils démêlés, il en ressort qu'on leur a donné un tout petit bout de beurre à mélanger avec la levure. "Pour faire gonfler". Et que Mlle Vegan suivant consciencieusement les instructions a utilisé ce qu'on lui a donné. Après discussion avec les instits, on comprend qu'ils ont fait de leur mieux. Ils ont bien expliqué à la ferme qu'il ne fallait pas donner de jaune d'oeuf à notre fille comme aux autres enfants, qui en ont badigeonné leurs pains "pour faire dorer". Mais ils ont zappé le coup du beurre, parce que beaucoup de choses à gérer et pas le réflexe de voir que ça provient de la souffrance animale.

Par un concours de circonstances, l'information ne nous est pas parvenue. Et Mlle Vegan, qui savait qu'elle devait nous le dire, l'a bien fait, mais du haut de ses cinq ans n'a pas pensé à le dire avant. Parce qu'elle était impatiente qu'on goûte son pain, qu'elle avait fait elle-même. Parce qu'elle était fierté. Et nous aussi.

Alors voilà, nous avons tous mangé du pain avec un peu de beurre dedans. Et nous avons dû aviser notre réaction en une demi-seconde.

Parce que, est-ce que c'est grave?
Oui. Oui parce que laisser passer un mini-bout de beurre en disant que ce n'est pas grave c'est ouvrir la porte à plein de petits "c'est pas grave". C'est déplacer la limite d'un emplacement clair (éviter la souffrance animale) à un croisement flou. C'est brouiller le message auprès de Mlle Vegan, et de son petit frère plus tard, et ne pas leur donner les outils pour définir clairement ce qu'ils mangent ou non, et les raisons de ces choix.

Oui mais, est-ce que c'est grave?
Non. Non parce que Mlle Vegan a fait de son mieux. Non parce que les instits aussi ont fait de leur mieux, notamment en identifiant tout de suite la question des oeufs. Non parce que nous avons tous appris un peu plus comment fonctionner au quotidien, entre nous et avec l'école. Non parce que ça a fait ressortir certaines zones floues chez Mlle Vegan et un besoin de reclarifier le message.

Nous avons discuté avec notre aînée, si petite et qui doit expliquer le véganisme à des adultes. Nous lui avons assuré qu'elle avait fait de son mieux, et qu'elle pouvait être fière de son pain. Nous lui avons demandé si elle avait des questions. Nous avons compris qu'il est temps de passer à des messages plus clairs. Nous nous sommes faits de gros câlins.

Être vegan dans un pays qui ne sait pas ce que c'est, ce n'est pas toujours évident. Être vegan à 5 ans, entourée d'adultes qui ne savent pas ce que c'est, ça a l'air simple mais c'est une sacrée gymnastique. Mlle Vegan peut être fière d'elle-même, de faire de son mieux au quotidien et de s'affirmer en douceur auprès de ses ami.e.s. Il était très important qu'elle ne soit pas culpabilisée, qu'elle reste contente.

Ne pas dramatiser. Apprendre. Avancer. Et être fiers d'avoir une fille qui apprend à faire son propre pain. Quitte à clarifier la recette...



28 January 2014

Parfois, c'est simple

La vie quotidienne peut être un défi, quand on est une famille végane en Belgique. À force, on s'habitue, à devoir tout planifier, tout prévoir, à avoir en stock de quoi faire à la minute un nombre de muffins digne d'une pâtisserie à Noël pour parer aux anniversaires, aux événements impromptus, aux fêtes à l'école, etc.

Et puis parfois c'est simple.

Une fois par semaine, Mademoiselle Quatre Ans a un cours d'anglais après l'école, avec d'autres enfants. Elle a là-bas une de ses boîtes à collations, ils la connaissent bien et sont bien repectueux de son véganisme. Et soudain, ils m'ont envoyé un email, pour me signaler que la prof voulait faire un gâteau en classe à l'occasion d'un anniversaire. En voyant le sujet du message, j'ai pensé qu'il s'agirait comme d'habitude de préparer un gâteau à la maison que Mademoiselle Quatre Ans amène, pour qu'elle participe à la préparation avec les autres, mais n'en mange pas le résultat.

Mais non. Ce que la prof voulait, c'était des recettes véganes, pour que tous les enfants puissent manger le résultat de ce qu'ils auront préparé en classe ensemble. Ce que la prof voulait, c'était inclure Mademoiselle Quatre Ans à 100% pour qu'il n'y ait aucune différence, parce que pour les autres enfants il n'y a pas de problème à cuisiner et manger vegan, mais que pour elle c'est inenvisageable de manger non vegan. Ce que la prof voulait, c'était respecter complètement et totalement Mademoiselle Quatre Ans.

J'ai été bien émue, j'ai envoyé l'infaillible recette des muffins banane-chocolat de Veggie Bulle tirée de The Joy of Vegan Baking. J'ai respiré un grand coup et j'ai douté, j'ai pensé qu'ils allaient peut-être renoncer.

Et puis j'ai vu Mademoiselle Quatre Ans revenir de ce cours en sautant partout de joie, qui m'expliquait entre deux sauts tout ce qu'ils avaient mis dans les muffins et comment ils avaient cuisiné, et comment c'était bon. Et puis Mister Vegan a remercié la prof, et celle-ci lui a répondu que "c'est normal".

C'est normal...

Cette joie-là, je ne l'oublierai jamais.
Cette prof-là je ne l'oublierai jamais.

Cette joie-là était tellement belle.
Cette prof-là a su voir que parfois, c'est simple.

(tous les ingrédients ne sont pas listés - et Mademoiselle Quatre Ans n'a goûté que le chocolat noir)

28 June 2013

Dites-le avec des muffins

Ici c'est aujourd'hui le dernier jour d'école avant les grandes vacances. C'est donc le Noël des maîtresses, le jour où les enfants arrivent les bras chargés de cadeaux et de dessins pour les remercier et leur dire au revoir dans un sourire.

Et donc, le jour que les parents préparent en se torturant les méninges pendant des semaines pour savoir quoi offrir. L'année passée, prise de court (= enceinte jusqu'aux yeux), j'avais laissé filer l'affaire, et ce sont des dessins que les institutrices ont reçu. Des très beaux dessins, certes, mais on sentait qu'il manquait une étincelle dans le geste.

Cette année, notre choix s'est porté sur des graines de fleurs et plantes. Une façon de prolonger le programme, après les haricots plantés en classe et la visite de la ferme. Sans oublier évidemment un petit message "Merci de m'avoir aidé à pousser cette année". Simple et un peu mièvre, mais efficace. C'est la Fée Garou qui a écrit le mot "Merci" et signé son nom sur les trois cartes, ainsi que collé le washi tape pour fermer les emballages. Effectivement, dans son école il y a une très grande classe par niveau de maternelle, avec trois institutrices, et chaque activité se fait en trois groupes, qui varient selon. Donc trois cadeaux.

Et puis, et puis, il y a aussi les trois charmantes jeunes femmes de la garderie. Celles qui ont veillé quotidiennnement à ce que ma fille reçoive à la collation des biscuits qui viennent de sa propre boîte à goûter, boîte que je remplis régulièrement et qui reste à l'école. Celles qui ont donc garanti dans des conditions pas toujours évidentes que la Fée Garou ait un goûter vegan pendant que ses camarades mangent le goûter officiel.

J'ai décidé de leur rendre la pareille et de leur préparer de quoi grignoter vegan. C'est ainsi que hier soir (maman, c'est de l'abnégation parfois), j'ai préparé des muffins à la banane et aux pépites de chocolat, en suivant cette infaillible recette de VeggieBulle testée et approuvée à de nombreuses reprises. Comme j'en avais au final 24, j'ai préparé trois petits emballages de quatre chacun, et j'ai gardé les douze autres pour un anniversaire d'enfants samedi matin - on appelle ça l'or-ga-ni-sa-tion!

(Ceci dit j'aurais rêvé de leur donner la recette avec, histoire de leur montrer comment préparer très simplement des muffins vegans, mais je n'ai pas eu le temps. Déjà, ma photo je l'ai prise à 23h et ça se voit...)

Et voilà, plus qu'un an avant de trouver de bonnes idées pour les cadeaux de fin de l'année prochaine...

08 June 2013

"Ferme pédagogique"

Être parent vegan, ce n'est pas toujours simple. On a sa routine organisationnelle pour le quotidien, gérer les repas à l'école, les anniversaires et autres festivités. Tout roule. Et puis, il y a ces petits défis ponctuels. Prochaine étape: la visite d'une ferme pédagogique avec l'école...

Qu'est-ce que quoi donc qu'une ferme pédagogique? Et bien, voici ce que me dit Wikipedia - qui n'est pas une vraie référence mais quand même:
"Une ferme pédagogique est une ferme où sont élevés des animaux et/ou sont cultivés des végétaux à vocation vivrière et accueillant, dans le cadre scolaire ou extra-scolaire, des visiteurs dans un but pédagogique."
Il y a à Bruxelles plusieurs fermes de ce type, je ne sais pas dans laquelle elle ira. Celle de Nos Pilifs explique sur son site que "les animations, centrées principalement sur les différents travaux qui rythment la journée du fermier, ont pour but de faire découvrir aux enfants le monde de la ferme et les animaux qui y vivent". La Ferme du Parc Maximilien propose quant à elle diverses animations, dont une seule centrée sur les animaux. S'il s'agit de celle-là, croisons les doigts... Quant à la Ferme d'Uccle, elle a un programme bien précis par année scolaire.

Ce que nous savons, c'est que nous devons fournir pour notre fille ce jour-là:
- un chocolat à boire car les autres enfants recevront un chocolat à base de lait de vache frais;
- des tartines car ils mangeront un sandwich au jambon ou au fromage provenant de la ferme.

Et voilà, le dilemme.

Photo empruntée ici

Si je n'avais pas encore d'enfants, ma réaction immédiate serait de dire que cette petite fille ne devrait jamais aller à ce genre d'activité! Les choses seraient simples, bien claires, et je dormirais sur mes deux oreilles - déjà, comme je n'aurais pas d'enfants, je dormirais mieux tout court, mais je m'égare...
Avec les enfants les choix ne sont plus aussi tranchés, ils sont désormais entre gris clair et gris foncé, à toujours chercher un équilibre.

Dans le monde idéal, ceci n'existerait pas. Les enfants visiteraient des refuges pour animaux en péril qui leur apprendraient à respecter les animaux et à les aider, et non pas à les exploiter et les faire souffrir. Mais voilà, cela n'est pas possible aujourd'hui, actuellement, ici. En Belgique, à ma connaissance les refuges ne se visitent pas de la même manière que le sont les Animal Sanctuaries aux États-Unis, et en Belgique les enfants visitent des "fermes pédagogiques". Or j'aimerais que mes enfants puissent rencontrer ces animaux dans des conditions respectueuses et d'égal à égal.

En même temps, il s'agit d'une expérience de groupe, préparée depuis des semaines en classe, ils n'y parleront pas du tout que des animaux mais aussi des fruits et légumes, et son école a toujours été très ouverte et respectueuse quant à nos choix de vie.

Tout pensé et repesé dans tous les sens, la conclusion qui nous est personnelle et qui nous convient dans notre vie actuelle est de la laisser participer à cette activité. Mais de bien en discuter avec elle, de lui parler de l'exploitation à son échelle avant qu'elle y aille, et après d'assurer un suivi important, en lui demandant ce que d'après elle devaient ressentir les animaux présents, ce qu'elle pense de leur situation, etc.
Profiter de ce défi qui se met dans nos pattes pour lui permettre d'approcher ces animaux de près, d'avoir un contact, et immédiatement la faire parler de ses émotions, encore innocentes, et de ce qu'elle pense elle-même de tout ça avant que les traditions et la société actuelle lui disent ce qu'elle doit en penser.

En gros, d'avoir en famille une approche pédagogique de la ferme...

24 November 2012

Non, les bonbons ne sont pas forcéments vegans (bien au contraire)

La vie a l'art de nous placer face à des situations qui nous testent.

Les instits de l'école de ma fille sont très attentifs au respect de son végétalisme. Elle a tout un stock de friandises en classe pour servir en cas d'anniversaire ou de collation collective non végétalienne; nous sommes toujours prévenus lorsqu'un événement spécial se prépare (des pains au chocolat à la veille de Noël, par exemple), ou lorsqu'une recette non végétalienne va être réalisée en classe, etc.
Et pourtant, les meilleures intentions du monde ne fonctionnent que si les informations sont au rendez-vous.

Une instutrice ayant été malade, elle a été remplacée pendant quelques semaines. Et voilà que la remplaçante, que ma fille aimait beaucoup, a dû partir pour rendre sa place à l'institutrice enfin guérie. On parle de son départ, le soir, et ma fille m'explique qu'en guise d'au revoir la remplaçante a offert des bonbons aux enfants. Je creuse un peu, et j'apprends que ma Fée-Garou a reçu de ces bonbons. Je lui demande: "Et ils étaient vegans?". Et elle me répond: "Oui, j'ai demandé et elle m'a dit que c'était vegan". J'avais un doute, mais j'ai laissé couler. (Et je suis fière de ma fille qui a demandé.)

Deux jours plus tard, elle m'en reparle au milieu de nulle part. Et m'explique qu'elle a aimé ces bonbons, et qu'elle a eu un nounours vert, et un jaune, et un rouge. Des nounours? "Oui, ils étaient en forme de nounours, c'est rigolo, hein!" Rhaaa, ma fille a mangé des Haribo! Pas vegan du tout ça, non mais ho!

Dans l'absolu, je sais bien que l'instit remplaçante a fait de son mieux avec les informations qu'elle avait. Ce qui me mine, ce n'est pas tant que ma fille ait mangé trois malheureux bonbons (je n'en suis pas ravie, hein, que les choses soient claires!): ce genre de dérapage peut arriver, est arrivé et arrivera encore. Ce qui me mine, c'est que cela montre à quel point les gens n'ont absolument aucune conscience de ce qu'ils mangent, de ce qui se trouve dans l'alimentation, du fait que les animaux sont exploités partout, tout le temps. Et moi-même il m'a fallu des années avant de me rendre compte de cela. Comment informer tout ces gens?

Parallèlement, je suis face à un dilemme à court terme: expliquer à ma fille que ces bonbons n'étaient pas vegans, ce qui risque de la rendre malheureuse, elle qui fait tellement attention à cela? ou laisser l'affaire passer pour l'instant mais prendre le risque qu'elle affirme d'elle-même à d'autres que ces bonbons sont vegans puisqu'elle le croit profondément?

Les défis du quotidien...

08 November 2012

Un gâteau au potiron improvisé

L'école est parfaitement informée du régime vegan de la Fée-Garou (3,5 ans) et le respecte parfaitement, voire avec intérêt. Il y a deux semaines, dans le cadre de leur étude du thème de l'automne, ils ont décidé de préparer un gâteau au potiron. Les maîtresses m'ont prévenue une semaine à l'avance du jour où ce serait préparé et du jour où il serait mangé (le lendemain).

Je me suis donc retrouvée avec comme défi la préparation d'un cake au potiron (les instits partant d'une base de quatre-quart en ajoutant du potiron, d'après ce qu'elles m'ont dit), sans en avoir la moindre expérience. C'est là que je me suis tournée vers mes repérages sur Pinterest, et que j'ai vu que j'y avais glissé un Pumpkin Spice Bread du blog FatFree Vegan Kitchen. En lisant la recette, j'ai vu qu'à quelques détails près c'était sensiblement la même chose. Je me suis donc lancée là-dedans.

La difficulté que j'ai rencontrée est avec le "canned pumpkin". Je n'ai jamais entendu parler de potiron en boîte, et j'ai donc demandé à mon ami Gogole de quoi il s'agissait exactement, pour ne pas commencer à faire n'importe quoi. Et j'ai bien fait, car là où je pensais que ce seraient des cubes de potiron en boîte, c'était en fait du potiron cuit en purée. Or je n'avais rien de ce genre sous la main et pas le temps de commencer à dépecer mon potiron pour le cuire et le réduire en purée. Bon.
Comme j'avais depuis quelque temps des cubes de potiron cuits congelés dont je ne savais trop que faire, j'ai décidé de les décongeler, puis de les passer au blender pour en faire une purée. L'opération a pris un peu de temps, mais moins que si j'étais partie d'un potiron tout frais tout cru. Une fois cet ingrédient créé, le reste est allé tout seul, ou presque. 
Mon subsitut d'oeuf n'étant pas de la même marque, les instructions demandaient de le mélanger avec deux fois moins d'eau que ne l'indiquait la recette. Comme je n'utilise jamais de poudre de substitut d'oeuf, je n'ai pas osé prendre de risques, et j'ai obéi aveuglément à ma boîte.

Le rendu du gâteau était plus mou que ce à quoi je m'attendais. Par contre l'odeur était délicieuse, avec ce mélange de cannelle et de potiron!
Je n'ai pas pu goûter le résultat, car la Fée-Garou amenait le gâteau en entier à l'école. C'est ainsi qu'on procède généralement, pour qu'elle puisse partager avec ses camarades. Elle adore faire découvrir "sa nourriture" aux autres, et c'est une occasion pour elle de manger la même chose que ses copains. J'étais assez nerveuse de ce que ça allait donner, parce que je n'avais aucune idée de si ce gâteau était bon ou infâme. Mais le verdict des maîtresses a été sans appel: délicieux! Comme il était plus foncé (les épices?) que celui qu'ils avaient fait en classe, les enfants en étaient plus attiré (espéraient-ils y trouver du chocolat?), et apparemment ils ont apprécié. Et ma fille aussi, qui était en plus fière que ses copains préfèrent "son" gâteau!

Et moi, je suis contente que cela ait plu à tout le monde, même si je regrette de ne pas l'avoir goûté. Il me semble important que les rares occasion où les omnivores goûtent à des pâtisseries vegans elles soient délicieuses, c'est donc avec soulagement que j'ai accueilli le feedback de la dégustation. Mais pour la prochaine fois, j'aimerais bien trouver du "canned pumpkin" tout fait!

06 September 2011

C'est reparti pour un tour...

Bon, ce blog a mal démarré, en étant abandonné quasi tout de suite. La faute à pas le temps, et autres jolies excuses.
Aujourd'hui je tente de le reprendre, parce que la rentrée scolaire de ma fille génère un nombre de questions et organisations autour de l'alimentation.


Aaah, la rentrée, que d'émotions!


En tant que maman végane, une de mes plus grandes inquiétudes concernait l'alimentation. Je pense que cela fera plusieurs messages, celui-ci étant plutôt une mise en bouche (ha!) qui me permet un peu de me déverser - le blog comme psychothérapie, voilà qui n'est pas nouveau...


Au programme:

- le repas de midi

- la collation de 11 heures organisée par l'école

- le goûter de 16 heures organisé par la garderie de l'école

- les anniversaires

- les bonbons éventuels et autres petits snacks festifs


Pfiou, un vrai défi d'organisation. Et allez-y pour discuter calmement avec les titulaires et bien tout comprendre pour s'en sortir les premiers jours, quand c'est le chaos total et que les enfants, touts petits perdus dans ce nouveau monde, crient leurs émotions.

Résultat: après une rentrée jeudi dernier, ce n'est que hier qu'on a appris qu'il y avait un menu de la semaine affiché qui reprend les repas et les collations. Voilà qui simplifie énormément mon boulot...


Je vais commencer par le plus simple: le repas de midi.

Ma fille est entrée en pré-maternelle, à 2,5 ans. Sont proposés pour ces enfants soit de les inscrire au repas chaud de l'école, soit d'avoir juste une soupe et d'amener leurs tartines, soit d'amener leurs tartines tout court.

Notre plan: boîte à tartines tous les jours, et la soupe en plus en hiver. Sauf que non: on nous a informés que la soupe était faite au bouillon de poule... et comme ils ne peuvent rien réchauffer de l'extérieur, ça veut dire pas de soupe du tout en hiver. Le bon côté des choses, c'est qu'on nous en a informés. J'en déduis: on peut à) priori faire confiance à cette école pour respecter l'alimentation de notre enfant. Et c'est énorme.


Après plusieurs discussions, il apparaît que la responsable est très ouverte et collaborative. Par exemple hier, lors du repas, ceux inscrits au repas chaud avaient une prune comme dessert. Évidemment ils ne l'ont pas tous mangée et il en restait. Du coup, elle en a donné une demi à ma fille, puisque les fruits sont permis.


En dehors du fait qu'ils ne peuvent pas réchauffer des plats, elle ne voit aucun inconvénient à ce qu'au lieu de tartines la lunchbox contienne un repas froid, et l'aidera comme les autres avec des couverts qu'ils fourniront. Youhou, à nous la fête des bentos froids!


Cette information change beaucoup de choses: une année académique de tartines uniquement (quoique, je glissais déjà des extras à manger avec les doigts) à midi en voyant les autres avoir tout un plat chaud et un dessert, c'est triste. Maintenant, il va falloir trouver de belles idées de petits menus froids!


Pour l'instant, elle a eu - puisque je n'ai pas encore eu le temps de m'organiser pour autre chose:

- tartine au pâté de légumes Abinda + olives vertes + rondelles de saucisse de tofu Taifun

- idem + falafels + cornichons

- variation avec tartine à la crème d'artichaut et au faux jambon fumé

- ...


Si quelqu'un(e) passait par hasard par ici avec plein d'idées, je suis preneuse!