02 November 2018

Liquidation avant fermeture 5/5 - Une végane aux troubles du comportement alimentaire

J'ai failli intituler ce billet "J'en ai marre d'être végane", mais j'ai bien senti que cela le mettrait dans une mauvaise posture avant même d'être lu.

Que l'on se rassure, je suis toujours végane. L'abandon du blog n'a rien à voir avec un quelconque revirement. Mais que l'on soit attentif: j'en ai marre d'une approche du véganisme qui nie les problèmes que peuvent rencontrer les unes ou les autres.

En effet, dans la communication pour convaincre au véganisme, outre les appels à l'éthique et les arguments de l'environnement, on parle beaucoup du côté soi-disant plus sain du véganisme et du fait que la plupart des gens qui font cette conversion alimentaire verraient leur poids se modifier vers le bas. Et j'en ai plus que marre d'entendre ça.

Disons-le directement: j'ai bel et bien vu mon poids se modifier en devenant végane. Vers le haut. Et pas qu'un peu. J'ai pris plus de vingt kilos. Alors certes, je suis devenue végane dans les mois qui ont suivi mon arrêt de la cigarette et ma première grossesse, ce qui influe déjà en soi le corps et son métabolisme. Mais cela n'explique certainement pas tout.

Je suis tombée dans le piège du véganisme. Je dis piège, car il est invisible, et c'est ça qui le rend dangereux, cet angle mort que personne ne veut voir. Je dis piège, mais ça ne l'est pas pour tout le monde. C'est un piège pour des gens comme moi, et nous sommes nombreux: celleux qui souffrent de troubles du comportement alimentaire, aka les TCA.

Les troubes du comportement alimentaire peuvent vite devenir envahissants s'ils ne sont pas bien maîtrisés. Première étape, les reconnaître. Deuxième étape, la bienveillance envers soi-même. Troisième étape, ne pas se mettre dans des situations potentiellement dangereuses - "triggering". Or voilà, le véganisme, par définition, implique une modification de l'alimentation qui passe nécessairement par une forme de restriction. Cela n'est absolument pas négatif en soi. Mais quand on a un TCA, c'est extrêmement risqué.

En effet, même s'il on est convaincu à 3000 pourcent de la justesse de sa démarche, de l'éthique, de son combat, il n'empêche que le cerveau, lui, il reçoit le message "restriction", et dans le cas d'un TCA ça le met en grande nervosité. Et il compense. Voilà pourquoi toute une frange des véganes a des problèmes de poids - et on les tait, car ils ne donnent pas une bonne image du véganisme. Voilà pourquoi je me cache souvent, j'ai l'impression d'être une "mauvaise végane" puisque je ne suis pas une brindille qui pète la forme.

Je le répète, le problème n'est pas le véganisme, c'est bien les TCA! Mais quand on doit gérer les deux, c'est compliqué - et les similis, gloire à eux, participent aussi grandement au problème. Je n'ai pas de solution. Chacun trouve la sienne. J'en connais qui rongent leur frein en silence, j'en connais qui se sont relâchés sur certains produits laitiers pour limiter les stress envoyés à leur cerveau. Aucun.e n'a tort, à chacun.e de trouver son équilibre. Je suis convaincue que le véganisme est la voie à suivre, qu'il est éthique, qu'il est la seule solution alimentaire viable pour l'environnement et la seule solution viable pour notre moralité. Mais je suis également convaincue que si les gens souffrant de TCA ne se voient pas reconnaître les difficultés qu'ils vont rencontrer en devenant végane, cela n'aidera personne. Et cela limitera probablement le nombre de véganes parmi eux à terme.

À titre personnel, je n'ai pas encore de solution, je continue à souffrir de cette double contrainte et me demande comment faire pour gérer mes TCA et surtout ma santé (20 kilos!) tout en restant en accord avec mes convictions profondes. À titre communautaire, j'aimerais que l'on cesse de pourrir les gens qui rencontrent des difficultés en devenant végane. Chacun.e son parcours, chacun.e ses bagages dans cette aventure. Et plus nous serons reconnu.e.s et accueilli.e.s avec bienveillance plus cela nous aidera à rester véganes et en bonne santé.


18 April 2018

Liquidation avant fermeture 4/5 - Les enfants véganes sont des enfants

J'ai plusieurs débuts de brouillons qui se courent après concernant les enfants, et j'ai toujours eu de la peine à les terminer parce qu'ils me semblent parfois aller à contre-courant des grandes tendances quand on parle des enfants véganes. C'est d'autant plus amusant que pendant plusieurs années j'ai caressé l'idée d'écrire un livre concernant l'éducation des enfants véganes, non pas comme un témoignage mais comme un ouvrage de recherche journalistique accompagné de témoignages. J'ai finalement laissé tomber parce que je craignais, si je l'organisais comme je le voulais, qu'il soit à la fois mal reçu par la communauté végane et pris comme une bonne excuse par la communauté omnivore. Et donc, mal compris.

★   Si je me suis trompé sans faire exprès, est-ce que je suis encore végane?   ★

Cet ouvrage serait parti d'un simple postulat de base: les enfants véganes sont des enfants. Et nous, en tant que parents véganes, nous élevons des enfants parallèlement au fait que nous sommes véganes. Mais élever des enfants, ce n'est pas les façonner à notre image, c'est leur donner des racines, des clefs de compréhension du monde, et la capacité d'utiliser leur propre jugement pour plus tard faire leurs propres choix.

J'ai toujours fait tout ce que j'ai pu pour que mes enfants puissent être véganes le plus possible partout où ils allaient. J'ai préparé des milliers de muffins et cupcakes qu'ils amènent aux anniversaires où ils sont invités, j'ai des feuilles d'explication de leur régime disponibles pour chaque stage, des équivalents de menus prêts à dégainer pour les semaines loin avec l'école, des mots polis et compréhensifs pour les autres parents, etc. 

Mais avec maintenant neuf ans d'expérience en tant que parent végane, je sais que ce que j'enseigne à mes enfants de plus important n'est pas le véganisme, mais  bien la compassion. La compassion envers les animaux, bien entendu. Mais aussi la compassion envers les autres et envers eux-mêmes.

★   Pourquoi les autres gens ils ne savent pas que les animaux morts c'est des animaux?   ★

Et parfois, la compassion, c'est de n'être végane qu'à 95 pourcent.
Parfois, la compassion c'est de ne rien dire aux animatrices d'un stage quand elles ont servi des tartines de miel artisanal sans se rendre compte que ce n'était pas végane, et sourire à son enfant qui les a adorées.
Parfois, la compassion, c'est de dire merci et déguster en souriant des feuilletés de saucisses de soja préparés avec amour à Noël par la belle-famille qui a fait super attention pendant des semaines avant pour tous les ingrédients pour avoir du végane, belle-famille à qui on a dû dire quelques heures plus tôt que non cette margarine-là achetée exprès pour nous n'était pas végane, alors la compassion, quand on voit tous ces efforts et tous ces différents plats c'est de fermer les yeux et se taire quand on voit qu'il y a en fait du blanc d'oeuf dans ces saucisses de soja là parce qu'on sait que c'était une erreur totalement involontaire.
Parfois, la compassion, c'est de laisser passer des bonbons pas véganes sans le dire parce qu'on voit bien que notre enfant a besoin d'appartenir et de participer.
Parfois, la compassion c'est d'être fierté devant un pain fait maison par son enfant avec l'école, et le déguster avec lui même si on découvre que la recette utilisée en classe contient du beurre (ciel mais pourquoi du beurre?!).

Mlle V a neuf ans. Depuis l'année passée, elle explore les limites de son véganisme. Nous ne le lui avons jamais ni permis ni interdit. Quand elle demande si elle peut, on lui dit pourquoi nous avons choisi de ne pas manger ça. Et quand elle accepte le partage de pâtes au pesto au parmesan d'une copine et se sent coupable ensuite, nous ne la grondons absolument pas, mais nous lui disons que les choix qu'elle a à faire ne sont pas faciles pour des adultes et qu'il est donc tout à fait normal que ce ne soit pas évident pour elle. Et que ce sont des choix qui lui appartiennent, et que personne n'a à juger, même pas nous.

Mini V a cinq ans, il est encore trop petit. Mais il a déjà demandé si comme sa soeur il pourra plus tard choisir lui-même. La réponse est bien sûr que oui.

★   J'avais oublié que j'étais végane, alors j'ai pris une tartine au fromage pas végane. Et puis je me suis souvenu et j'ai mangé la mienne.  

Ce que j'ai constaté jusqu'ici, par contre, c'est que ces tests de limites se font avec les bonbons, les biscuits, exceptionnellement un bout de gâteau, et rarement du fromage. Mais jusqu'ici absolument jamais avec de la chair animale. Comme quoi, certaines choses semblent déjà bien ancrées dans leur compréhension du monde.

Ce que je sais, c'est qu'un enfant qui a envie de goûter, de tester, le fera de toute façon, à l'école, chez une copine... De notre comportement dépend si ce sera fait en cachette ou sans drame. Et il est pour moi beaucoup plus important de nourrir une relation de confiance et de respect mutuel avec mes enfants, que d'élever des enfants véganes.

Et puis quand on creuse, même chez les mères véganes qui semblent tellement parfaites qu'elles en sont extrêmement intimidantes, on voit que tout parent végane fait des compromis parce que c'est la seule façon de survivre. Mais quand même des "mamans parfaites" avouent qu'elles ont peur de dire qu'elles ont emmené leur enfant chez McDo exceptionnellement, ou qu'elles marchent sur des oeufs (presque littéralement) pour expliquer qu'elles ont laissé leur enfant manger des oeufs de poules de jardin, on a un problème. Laissons les parents véganes faire comme les autres parents, c'est-à-dire de leur mieux, et puis merde.

Grandir, c'est pas facile. Grandir dans ce monde, c'est vraiment pas facile. Et grandir en étant différent - voire en cumulant les différences - c'est déjà assez compliqué comme ça. Alors oui, mes enfants sont véganes, ils ont leurs boîtes à l'école, amènent des gâteaux partout (enfin presque, tant de parents autour de nous leur achètent ou préparent exprès des choses qu'ils peuvent manger!), sont des champions de la B12 et de la levure de bière et se fournissent même de l'autre côté de l'océan en chaussons de danse sans cuir. Mais oui, aussi, mes enfants testent parfois comment ça peut être différent, et c'est leur façon de grandir.

★   Moi, j'ai plus envie d'être végane, j'ai envie que tous les autres le soient.   ★

Parallèlement, ils ont besoin de rester véganes mais d'avoir un peu comme les autres. Et notre parti pris est de les laisser consommer certaines choses qui n'ont pas forcément notre approbation à priori, mais qui les font se sentir "pareils". Pour ne pas avoir à leur montrer que des refus. Alors souvent, si c'est végane, même si c'est la fête de l'artificiel, ils peuvent en manger. Et au bout du compte, en comparant avec tous les cracras (comme on dit ici) que ceux de leur âge mangent je pense franchement que ça va. Ce n'est pas un choix idéal, mais c'est le nôtre.




Il leur arrive donc de consommer des Hula Hoops paprika et des chips goût bolognèse de Crocky (et oui, cette "saveur" est étrangement végane), frites-sourire de McCain, Oreos classiques ou mini, céréales Reine des Neige et Star Wars de Kellogg's, galettes vanille de Succès du Jour, Dragibus de Haribo au cinéma, etc.

Pour faire le tri côté bonbons, je me réfère à un tableau des additifs alimentaires et de leurs composants. Ils adorent les Pez, les Napoléons aux fruits, les Lutti aux fruits, certains Look-O-Look (attention, ils sont loin d'être tous végétaliens), les Tic Tac blancs à la menthe,...

Et j'en ai marre qu'on me dise souvent dans ces cas-là que ce serait soi-disant contraire à ma démarche. Ou que "c'est quand même bizarre des enfants véganes qui n'aiment pas les légumes". C'est en cohérence, en "comme on peut" en élevant des enfants, et mon véganisme est éthique et non "healthy".

En résumé: élever des enfants qui sont en confiance, sont informés, et développent des arguments et des réflexions pour faire leurs propres choix éclairés en grandissant, qu'ils soient les mêmes que les nôtres ou non.

Alors voilà, tout simplement, les enfants véganes sont des enfants.

Illustration par Nicoletta Ceccoli empruntée ici

28 February 2018

Liquidation avant fermeture 3/5 - shopping végane belge en ligne

J'avais parlé rapidement et avec enthousiasme de Vedge à l'époque, mais lorsque d'autres boutiques en ligne belges se sont lancées malgré un pareil enthousiasme je n'ai pas réussi à composer de billet à temps. Honte sur moi. Voici donc la présentation des deux shops en ligne incontournables depuis un bon moment maintenant, ainsi qu'un troisième qui vient d'arriver et promet de belles choses.


Veggi

L'épicerie en ligne Veggi créée par Mathilde Cooijmans s'est gentiment développée au fil du temps et propose un nombre limité de produits mais tous bien sélectionnés. On peut y trouver des simili carnés, des faux mages, du vrac, des produits de base, etc. Lors de chaque fête chocolatée, on trouve également une sélection dédiée. C'est chez Veggi que j'ai commandé mon pannettone de Noël, et il était délicieux!

L'équipe est très sympa, ce qui ne gâche rien. Lors de ma commande de fin d'année, comme il y avait des produits frais j'avais demandé un dépôt en point relai dans une commune proche de la mienne, et soudain surprise, mon téléphone sonne: le jeune homme qui dépose les commandes voit à mon adresse de facturation qu'il passe dans le coin avant d'aller au point relai, est-ce que je souhaite une livraison à domicile à la place sans changement de frais? Joie, sourire et convivialité. Et mon samedi bien simplifié!


J'avais posé quelques questions par mail il y a un an et demi (honte sur moi, bis) à Mathilde, voici ses réponses.
Nous habitions jusqu’à l’année passée tous deux Bruxelles et il y était relativement simple de trouver des produits vegans.  C'est lors de notre déménagement dans la province de Namur que nous nous sommes retrouvés dans une zone où le veganisme  dans les commerces et restaurants était très peu développé, voir inconnu… Pourtant, la communauté y étant grandissante ! Nous devions nous-même faire plus d’une heure de route pour nous rendre soit à Bruxelles, soit à Liège, ou même en Allemagne…

Sur ce constat, nous avons fait une rapide étude de marché pour tâter le terrain. Nous avons eu un bon retour, et avons directement embrayé sur une collecte de fonds via KissKissBankBank, qui a réuni 130 contributeurs. Nous avons ajouté l’intégralité de nos économies à la cagnotte KKBB, et après plusieurs mois de recherches chez les différents fournisseurs et énormément de lecture et d'encodage, nous avons ouvert la petite boutique de Wépion et la boutique en ligne au même moment (fin juin-début juillet)
L’idée de créer un réseau de commerces partenaires nous est venue pour plusieurs raisons :
  • faciliter le retrait de la commande pour le client (le client retire son colis pendant les heures d’ouverture, à sa convenance)
  • renouer des liens de proximité entre commerçants et clients
  • préserver la chaîne du froid au mieux pour les produits qui y sont sensibles (transport en frigo box, colis au frigo chez le commerçant jusqu’au retrait)
  • promouvoir l’alimentation vegan chez les acteurs de l’alimentaire en montrant qu’il y a une demande

Bref, Veggi c'est bien, n'hésitez pas à y faire votre choix!





Greenmeow

Depuis que Daphné a créé sa boutique en ligne Greenmeow en 2016, j'enchaîne les commandes sans jamais en parler, alors que je l'avais aussi contactée pour des infos il y a 120 ans (ou presque). Le concept? Des produits de beauté véganes et bio. Et c'est beau!


Le choix est vaste, la ligne est principalement bio, les produits sont choisis avec soin et souvent en stock, la livraison est rapide et joliment emballée, de manière la plus éco-responsable, la communication est claire et sympathique,... j'en redemande! Greenmeow est également à l'oeuvre avec les box beauté belges Greenmoeow Box, dont ouf j'avais parlé (!).

Voici quelques infos supplémentaires reçues de Daphné à l'époque:
En temps que consommatrice, je n'arrivais pas à trouver une boutique (physique ou en ligne) qui vendait à la fois des produits non testés sur les animaux, non nocifs pour l'environnement et véganes. La plupart des autres boutiques se cantonnent à un critère.
J'ai beaucoup de mal avec le concept de produits cruelty-free (non testés sur les animaux) et véganes mais qui ont des compositions affreuses avec plein d'ingrédients issus de la pétrochimie, des silicones, des conservateurs nocifs pour la santé et nocifs pour l'environnement. Pour moi, être végane et ne pas être écolo (et donc faire attention à son impact sur l'environnement) est un paradoxe. On ne peut pas vouloir protéger les animaux sans protéger la planète sur laquelle ils vivent, ça n'a pas de sens. Pareil pour le côté éthique, des produits vegan et/ou bio fabriqués ou avec des ingrédients de pays étrangers aux conditions de travail désastreuses n'a aucun sens non plus.
J'ai choisi de proposer uniquement des produits made in Europe. Après avoir vérifié l'origine des produits, je me penche sur l'éthique de la marque, sur son positionnement par rapport aux tests sur les animaux, aux ingrédients qu'elle utilise, à ses choix de packagings, etc. Ensuite, je scrute chaque produit et leur liste d'ingrédients afin de débusquer les ingrédients pas top ou pas vegan pour éliminer ces produits-là de ma liste. Après toutes ces recherches, si la marque me plaît et que les produits ont passés mon radar à composition, je contacte la marque pour en savoir un peu plus si jamais leur site web n'est pas complet et pour voir comment on pourrait collaborer.
La majorité des marques que je propose sont des marques que j'utilise moi-même depuis des années et dont je suis une grande fan, comme Lily Lolo, Zao, Nominoë, Urtekram, Funny Bee, Akane, Dessine moi un savon, Lamazuna, Bioflore, Imwe.
Greenmeow est une boutique en ligne, mais il lui arrive d'apparaître dans des boutiques éphémères lors d'événements, avec d'autres entrepreneuses belges. Je suis une fan absolue, il faut d'ailleurs que je fasse une nouvelle commande, notamment pour la crème pour le corps Urtekram découverte dans la box...



Infinite Seeds

Enfin, un nouveau webshop a ouvert récemment: Infinite Seeds
Frédérique est une figure bien connu dans les milieux véganes bruxellois et flamands, elle oeuvre depuis des années dans ce domaine par l'angle d'une cuisine saine et savoureuse. J'avais eu la chance d'être invitée à une de ses tables d'hôte végane il y a quelques années et en garde un magnifique souvenir.

Nouvelle étape dans son cheminement pour le véganisme, une boutique en ligne qui propose des produits dans divers domaines, de l'alimentation à la beauté, en passant par le jardinage, les bijoux et les chaussures. Le tout ici aussi sélectionné avec soin et beau.

Je n'ai pas encore passé de commande, mais cela ne saurait tarder (le plus dur étant de faire un choix tant tout donne envie!). J'ai toute confiance en cette boutique, connaissant sa créatrice depuis longtemps et voyant dès l'arrivée sur le site tout le soin apporté au choix des produits proposés.

Infinite Seeds propose également des ateliers de cuisine, ainsi que des rencontres apéro et des potlucks de saison. Tout un (joli) programme!


25 January 2018

Liquidation avant fermeture 2/5 - quelques lectures et livres de recettes

Il y a près de neuf ans, lorsque nous avons passé le cap du végétarisme au véganisme et que nous avions un bébé qui commençait sa diversification alimentaire, nous étions un peu perdus. Que préparer, comment équilibrer le tout, quelles recettes, quels compléments? Comme nous avons la chance de parler couramment anglais, nous nous sommes tournés vers les écrits américains et anglais, déjà bien présents, car rien n'existait vraiment en francophonie. Et puis petit à petit l'offre est arrivée, s'est développée. Ci-dessous plusieurs livres qui font partie de la bibliothèque des parents végés et dont je n'avais pas encore eu l'occasion de parler.
Et puis deux bonus qui ne sont pas directement sur l'alimentation, l'un pour les enfants, l'autre pour les adultes.

Le trio de base est arrivé dans les librairies dans le désordre au fil des années, mais peut maintenant bénéficier aux parents végétaliens dans l'ordre chronologique de leur enfant. Comme toujours (hashtag j'ai grandi en Suisse francophone et navigue aujourd'hui en Belgique francophone), on peut regretter le côté franco-français des exemples, marques et problématiques proposés dans ces ouvrages, mais on ne va pas cracher dans la soupe face au peu de ressources disponibles pour les parents véganes.


Bégé veggie

Ophélie Véron du génialissime blog Antigone XXI a publié il y a deux ans Bébé veggie, premier ouvrage francophone destiné uniquement à la nutrition des bébés véganes. J'avoue que nos enfants ayant déjà dépassé cette tranche d'âge et notre expérience de parents véganes étant déjà bien éprouvée, il ne nous a pas été indispensable. Mais il le sera probablement pour toutes celles et ceux qui arrivent dans cet univers et prennent soin de touts petits.

On y développe les principes de nutrition des bébés véganes, on y expose les recherches et on y propose plein de recettes. À noter qu'on y  parle aussi de la grossesse végane, voire de la préconception. Laits infantiles, allaitement, diversification alimentaire, tout autant de passages important abordés sous l'angle du véganisme. Et puis des recettes, bien évidemment. Ce livre s'adresse aux parents de bébés jusque leurs 18 mois environ.




Petit végétarien gourmand

La suite, on la trouvera dans Petit végétarien gourmand de Marie Laforêt et Ludovic Ringot. Ici "végétarien" a été choisi pour ne pas effrayer les acheteurs, mais il s'agit bien d'alimentation végétalienne, et ceci de la naissance jusqu'aux 6 ans des enfants.

C'est le premier livre qui était arrivé sur le marché francophone, et il nous a beaucoup servi. Ici aussi, la nutrition est abordée en profondeur, avec des conseils et plein de recettes. Une alimentation saine et équilibrée, des photos super comme d'habitude, bref, un petit ouvrage à placer dans toutes les bibliothèques familiales véganes.




Veggie Kids

https://4.bp.blogspot.com/-w_QnMT0bPm8/WgQb0SaGsvI/AAAAAAAADbI/oMUJpNyEwQMFUbv_tX7WWyO_Cd1AeVdRACLcBGAs/s1600/couv-veggie-kids.pngEt enfin, depuis novembre dernier on a une trilogie, grâce à la sortie de Veggie Kids, co-écrit par les auteures des deux premiers ainsi que Sophie Cottarel qui tient l'indispensable blog de référence Enfant végé. Cet ouvrage aborde les enfants végé de 6 à 12 ans.

La nutrition a droit ici aussi à son grand chapitre, dans cette tranche d'âge où les goûts se développent dans tous les sens. Une partie toujours indispensable pour savoir où l'on va.
Mais on retrouve plein de conseils pour le quotidien de famille végane: comment gérer les anniversaires, comment répondre aux critiques, quels trucs pour faire manger sain, etc.

Et enfin, la plus grande partie du livre est consacrée aux recettes, avec en fin de chaque section deux recettes à faire par les enfants. Mlle V chez nous s'est lancée avec bonheur dedans, et est devenue ainsi une experte en boulettes de riz, qu'elle propose régulièrement de faire.




Nous avions aussi deux autres livres qui nous ont servi pour pas mal de recettes, même s'ils ne sont pas orienté véganes.


Mes recettes bio pour bébé

Emilie Hébert y propose une approche très bio de l'alimentation des petits. Plein de super petites idées comme une mousse de courgette au tofu soyeux qui avait régalé un tout petit Mini V à l'époque.


Recettes bio pour mes enfants

Anne Brunner propose ici aussi des pistes de découverte de la diversité et du goût pour les plus jeunes. Faire le tri avec les recettes non-véganes, et y trouver plein de bonnes petites choses.



Enfin, il n'y a pas que la nourriture dans la vie des véganes, et un des livres de référence qui permet à nos enfants de mieux aborder le véganisme dans sa philosophie et avec du beau, c'est:



Vegan is love

Le deuxième livre spécialement destiné aux enfants de Ruby Roth, déjà à l'origine du magnifique Ne nous mangez pas. Ici, on ne parle pas que des animaux qui sont destinés à la consommation humaine, mais aussi de toutes les autres situations où le spécisme a créé un système injuste et cruel: les delphinariums, les expériences sur les animaux, le traitement des océans, etc.

Tout petit végane se doit d'avoir ou de recevoir cet ouvrage, qui a comme seul vrai défaut de ne pas avoir vu son titre traduit, ce qui crée un peu de confusion chez les petits francophones.








Les animaux ne sont pas comestibles

Parce que les adultes lisent aussi, je devais également parler du livre de l'excellent Martin Page, qui comme Jonathan Safran Foer à l'époque de Eating Animals a mis ses talents d'écrivain au service de la cause des animaux.

J'ai absolument adoré cette lecture, car comme celle mentionnée ci-dessus elle est une réflexion en marche, elle ne dit pas mieux savoir, elle s'interroge, et sur tous les aspects impliqués par ce choix politique qu'est le véganisme.

On y retrouve un couple qui investit son véganisme, vit au quotidien, se pose la question des enfants véganes, le tout sans jugement, sans prosélytisme, sans grands discours. Et c'est évidemment très bien écrit. Alors pendant que vos enfants lisent Vegan is Love, plongez-vous dans Les animaux ne sont pas comestibles...

Bonnes lectures!

24 January 2018

Liquidation avant fermeture 1/5 - quelques restos vegan-friendly à Bruxelles (et à Ostende)

Lorsque j'ai ouvert le blog, il y avait peu d'adresses où l'on pouvait manger végane, et je n'avais qu'un bébé. Maintenant, on peut s'y retrouver à beaucoup d'endroits, des enseignes véganes sont bien installées et je n'ai plus le temps de découvrir tout ce qui est possible avec deux enfants et un boulot. Mon vrai regret? Malgré tout ça, en neuf ans de véganisme je n'ai toujours pas réussi à mettre les pieds chez Den Teepot, l'ancêtre des adresses vegan-friendly de la ville. Un jour, un jour...

Mais voici encore quelques restos visités. Sans autre ordre que celui dans lequel j'ai retrouvé ces brouillons.


TERO (Vegan Dining Week)

En novembre dernier, j'ai foncé sur la Vegan Dining Week organisée par les énergiques jeunes femmes de VeganizerBxl. Après un bon casse-tête d'agendas et d'envies, nous avons choisi avec une amie de tester TERO. 
Toutes ignorantes, nous avons été prises de court par le niveau de chic: un cadre très simple et beau, mais pas forcément notre type de foule. 

Commençons par les points négatifs: le serveur ne semblait pas au courant de la Vegan Dining Week, les plats véganes n'étaient pas clairement indiqués à part pour un dessert, il a fallu plusieurs allers-retours en cuisine pour savoir ce qu'on pouvait manger, les truffes Lovin'Choc promises ne sont jamais arrivées et l'addition était bien salée. Voilà, c'est dit.
Mais sinon, les points positifs sont tous du même ordre: oh comme c'était bon! Délicieusement succulent, avec des produits de très bonne qualité, en quantité raisonnable, du fondant, du fin, du merveilleux.

Nous y avons partagé (attention, carte changeante):
  • velouté de potimarron et châtaigne (sans le jambon prévu à l'origine)
  • fenouil rôti, mandarine, crème au curcuma
  • butternut au cumin, choux de Bruxelles sautés, oignon rouge, sauce tahin
  • purée de panais, cardamome, pointes de panais, concassé d'amandes torréfiées
  • mousse au chocolat noir au piment, quinoa soufflé, cacao nibs
Ce fût une très belle soirée, et un régal. Une adresse à conserver pour les grandes occasions.






rue Saint-Bernard 1
1060 Bruxelles

Horaires:
Du mardi au vendredi de 12h à 14h et de 19h à 22h
Samedi de 19h à 22h




Les Super Filles du Tram (Vegan Dining Week)

Deux jours plus tard, c'est en famille que nous sommes allés découvrir Les Super Filles du Tram, adresse dont on nous avait tant parlé mais pas forcément vegan-friendly à la base. 

Surprise à l'arrivée, notre réservation, qui m'avait pourtant été confirmée, n'avait pas été enregistrée. Mais comme il n'était que 18 heures et que le restaurant était donc vide (l'avantage horaire de sortir avec des petits) nous avons pu nous installer sans souci.

Deux burgers véganes étaient disponible à la carte lors de cette semaine de Vegan Dining Week, dont le fameux Brussels Beer Burger développé sauf erreur par Veganizer Bxl. Nous en avons pris un chacun, ainsi qu'une version enfant dépouillée de ses crudités pour notre aînée, et juste des frites pour le cadet. Quelques minutes après l'ouverture de la cuisine, la charmante serveuse vient nous indiquer que le burger végane ne peut pas être préparé en taille enfant car le bun de cette taille n'est pas végane. Elle nous propose de mettre la taille normale en végane et de nous le compter comme la taille enfant. Un geste bien apprécié. 

J'avais une véritabe envie d'aimer ces burgers, mais je dois malheureusement avouer que je n'ai pas été conquise. Ce que nous avons mangé ne tenait pas bien, la galette partant en miettes et étant un peu trop molle à mon goût pour l'équilibre des textures. Le goût était bon, mais loin de la joie intense que j'avais envie d'éprouver.

Nous avons cette fois-ci bien reçu les truffes Lovin'Choc et là, par contre, j'ai été plus qu'enthousiaste, c'était un véritable délice! J'ai d'ailleurs tout de suite eu l'envie d'en offrir à Noël, mais j'étais trop tôt (quatre semaines max avant la péremption) et puis j'étais trop tard... une prochaine fois.


rue Lesbroussart 22
1050 Bruxelles
Horaires:
Du lundi au vendredi de 12h00 à 15h00
Samedi de 12h00 à 23h00
Dimanche de 12h00 à 16h30 et de 18h00 à 22h30




AMI

Je ne sais trop pourquoi ce billet a pris la poussière dans mes brouillons si longtemps... AMI n'est (donc) plus une nouveauté, mais désormais une adresse incontournable de la scène végé de Bruxelles. Il a changé de propriétaire il y a environ un an et la carte et le concept ont ainsi évolué, mais il est toujours bien végétarien à tendance végétalienne.

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'y retourner depuis (s'y présenter sans réservation même en pleine semaine, c'est s'exposer à un sourire désolé à l'entrée... et terminer au Dolma tout proche comme d'habitude), mais la carte en ligne est bien alléchante et a développé la part végétalienne du menu.

Des burgers, des galettes, mais aussi des salades, des assiettes à composer au choix, des soupes, et un peu tout ça à la fois. Et puis un cadre agréable qui bénéficie même d'une petite terrasse arrière calme et bienvenue dans le quartier Flagey si vibrant.





AMI
Rue Lesbroussart, 13
1050 Ixelles

Heures d'ouverture:


Au Marché Noir

Il y a des lustres, alors que nos enfants étaient en vacances chez leurs grands-parents, Mister V et moi-même avons testé un soir de flemme post-boulot le take away néo-bobo : Au Marché Noir, situé juste à côté du magnifique Hôtel de Ville de Saint-Gilles.

Le principe de la petite enseigne est simple et a trouvé son public immédiatement: chaque jour de la semaine, les légumes, principalement, de producteurs de confiance sont cuisinés en deux plats, l'un carnivore, l'autre végétarien - fréquemment végétalien: s'il y a des oeufs, produits laitiers ou autre ils sont clairement indiqués sur le site. Les plats végé sont à une dizaine d'euros généralement.
Le menu n'est révélé qu'en fin de matinée sur la page Facebook, les plats sont servis chauds à midi, et en milieu d'après-midi les plats restants sont mis en ligne avec le nombre disponible mis à jour au fur et à mesure, pour être réservés puis cherchés en take away à partir de 17 heures.

Nous y avons testé un palet de quinoa tomaté, sauce au basilic, aubergine confite, poivron rouge, courgette, crème de carotte au gingembre, chou chinois, sarrasin. Nous avons réchauffé nos plats à la maison selon les indications reçues et profité de notre bon souper. Verdict: de bons produits, un résultat un peu sec en l'occurence, mais un mélange de saveurs bien trouvé. Lors d'une prochaine soirée de flemme où l'on se sentira d'humeur take-away chic, on tentera à nouveau l'aventure.





Avenue Adolphe Demeur, 36
1060 Saint-Gilles (Bruxelles, Belgique)

Horaires:
Du lundi au dimanche de 12h à 14h et de 17h à 21h


Mont Liban

Les restaurants libanais sont un paradis pour les véganes. Certes, les plats principaux sont principalement consitués de grillades, mais il suffit de les ignorer et de se plonger dans la carte des mezzes.
J'ai rarement été déçue par un resto libanais, mais j'ai également rarement été aussi ravie qu'en allant au Mont Liban. C'est même devenu un des endroits où je vais plusieurs fois par an, moi qui ne sors jamais ou presque...

Ici, on trouve d'un côté le restaurant, et de l'autre le comptoir snack. Ainsi, on peut s'y installer dans un cadre fait de hauts plafonds et de nappes, où l'on peut grignoter de délicieuses amandes (comment font-ils pour qu'elles soient si douces?) en attendant de faire son choix ou de le voir arriver. Mais on peut aussi passer en journée prendre de bons plats à déguster chez soi ou ailleurs.

Depuis des années, le Mont Liban est notre lieu de prédilection pour se fournir en houmous, tabouleh, feuilles de vignes, falafels, moussaka libanaise et autre moutabal pour nos soirées buffet d'anniversaire. C'est également là que je vais régulièrement passer de belles soirées de discussion intense - j'ai toujours trouvé que les mezzes et autres buffets étaient plus propices à d'intenses discussions que les plats individuels, je ne saurais dire pourquoi. Et lorsque dans les mois qui ont suivi les attentats j'étais prise de grand stress à l'idée d'être dans un lieu public, c'est là que je passais prendre de quoi manger avec une amie compréhensive comme au restaurant mais chez elle à la place. J'y retournerai. Souvent, sans doute.




rue de Livourne 32
1000 Bruxelles
Horaires:
Le restaurant est ouvert tous les jours de 12h00 à 15h00
et de 19h00 à 23h00
Le comptoir snack est ouvert tous les jours de 11h00 à 23h00



Dolma

Il a fallu des années avant que j'aille au Dolma, et encore j'ai d'abord testé leur partie magasin, avant qu'elle ne change d'adresse pour aller en face. Et il a fallu ensuite encore des années avant que je ne me rende compte que j'étais déjà venue, peu après mon arrivée à Bruxelles il y a une vingtaine d'années, alors que l'endroit s'appelait encore le Paradoxe, et combinait macrobiotique et jazz... (non, je ne sais pas trop comment jeune étudiante j'avais aterri là, loin des pittas du cimetierre d'Ixelles)(et oui, je viens d'avouer publiquement que j'étais vieille).

L'adresse a évolué, et été reprise en 2015. On y déguste un buffet quotidien végétarien, qui peut aussi être emporté, dont une bonne partie des plats est végétalienne. Le tout est précisé dans le menu en ligne disponible dès le début de la semaine, et sur les ardoises surplombant les plats (avec un grand V comme végétalien).

Avec le Mont Liban, c'est mon autre adresse régulière. On y est toujours accueillies avec le sourire, l'ambiance est bonne et le buffet varié. On y mange toujours trop aussi, tant c'est bon... Une adresse à garder bien au chaud.






Chaussée d’Ixelles 329
1050 Bruxelles
Ouvert du mardi au samedi
de 12h à 15h (buffet jusque 14h)
de 19h à 23h (buffet jusque 21h30)



Et puis si vous poussez une tête à la mer du Nord un de ces jours et que vous vous arrêtez à Ostende, on a testé pour vous une adresse vegan-friendly:


Sassy's (Ostende)

Vous ne les trouverez pas au bord de la mar, mais bien cachés au bout d'un labyrinthe de petites rues, mais ça en vaut la peine. Si l'adresse n'est pas 100% végé, elle a de très nombreux plats végétariens et végétaliens, qui sont tous clairement identifiés sur le menu. En effet, il y a toute une section "pâtes véganes" et une autre "pizzas véganes", avec l'embarras du choix.

Ici on est dans le roboratif, histoire de ne pas s'envoler dans le grand vent du bord de mer juste après, ou de se réchauffer après une balade sous la drache nationale. Les plats sont très copieux, et il n'y a pas de taille enfants. Même en ayant prévu de partager nos assiettes, nous sommes repartis avec les restes - ils ont l'habitude apparemment...

Atmosphère détendue, lasagne véganes (en ce qui me concerne), couleurs et mer toute proche, nous avons eu beaucoup de plaisir à nous arrêter là, et y ferons sans doute une nouvelle escale lorsque nous irons une nouvelle journée humer le vent et le vagues.

Attention: il faut payer en espèces, mieux vaut être prévenu!






 Steensedijk 23
8400 Oostende

Horaires:
Du mercredi au dimanche de 12h00 à 14h00
et de 18h00 à 22h00

23 January 2018

Compte à rebours

Après mûre réflexion, j'ai finalement décider de fermer ce blog. Comme je l'exposais récemment, il a perdu son utilité avec les temps qui avancent (et c'est pour le mieux), et au bout de sept ans j'ai personnellement besoin d'investir le peu de temps que j'ai ailleurs. Je sais que le véganisme est entre de bonnes mains et continue son cheminement dans le monde. De mon côté, je reste une militante de la compassion et continue à défendre cette éthique au quotidien et face à toutes les âmes ouvertes que je rencontre.

Mais face au grand nombre de brouillons jamais achevés qui attendent leur tour, j'ai dû aussi prendre une décision. Les jeter? Les publier sans passion?
Mon compromis: les regrouper par thématique et en faire des version moins ambitieuses que prévu mais néanmoins présentes. J'ai donc choisi cinq grands groupes: ces billets type collection seront publiés en prélude à une forme de conclusion du blog et d'au revoir.


30 December 2017

Un blog - et maintenant?

Alors que les bilans de fin d'année fleurissent deci-delà, je profite de cette étape arbitraire et symbolique pour faire un petit point sur ce blog. 2017 ne m'a pas beaucoup vue par ici, parce que je ne savais plus trop comment y trouver ma place. Et je la cherche encore.

J'avais ouvert cet espace lorsque jeune maman d'une petite végane je m'interrogeais sur la façon d'envisager cette parentalité particulière, sur les endroits où se nourrir correctement à Bruxelles, sur le quotidien à gérer et sur les petits trucs et astuces qui adoucissent les invitations aux anniversaires et les expéditions scolaires. Il n'y avait alors à ma connaissance que quelques endroits du genre. Enfant végé étant bien entendu le blog de référence surtout pour la partie alimentaire du véganisme, mais aussi Famille végane que j'adorais et qui malheureusement a cessé d'émettre. Le véganisme a évolué, les familles véganes sont devenues présentes, nombreuses, actives sur la blogosphère. Maman Carotte avait même fini par nous réunir avec un échange hebdomadaire.

Et puis j'ai toujours refusé de montrer le visage de mes enfants ici, car leur vie et leur image leur appartiennent et je refuse de les mettre ainsi en avant alors qu'ils n'ont rien demandé à personne. Libre à eux quand ils seront adultes de rendre cet aspect de leur vie public ou non, voire de poursuivre leur véganisme ou non. Du coup, pour garantir leur anonymat j'ai également choisi de cacher mon propre visage, et de refuser quasi toutes les demandes d'interview - mon ego a toujours eu un peu de peine avec ça, raison de plus pour avoir fait ce choix. Je sais que cela rend mon blog moins convivial car moins vivant.

Parallèlement, les véganes de Bruxelles sont nés sur Facebook avec tous les partages d'information quotidiens qui viennent avec, et les restos et autres snacks où trouver des plats végétaliens sont devenus légion. Ma vie de maman qui travaille et qui a depuis quelques années deux enfants ne me permet absolument pas de tout tester tant il y en a, et "les jeunes" qui ont plus de liberté ont pris le relai pour lister toutes les possibilités.

Enfin, il y a beaucoup de choses que je pense et vis au bout de quasi 10 ans de véganisme qui seraient mal acceptées et qui ont envie de s'exprimer mais craignent un retour critique - même si des amis me disent qu'au contraire cela pourrait soulager d'autres familles ou personnes véganes dans leur parcours également forcément imparfait puisqu'humain.

Et puis, même s'il est flatteur de recevoir des services de presses de livres et des produits divers à gauche et à droite, j'ai eu peur de ce que ces cadeaux qui n'en sont pas peuvent créer comme redevabilité inconsciente, et je n'ai pas envie de consommer à tout va non plus, même si c'est gratuit - le prix ne change rien pour l'état de ma planète.

Alors j'ai perdu ma place ou ma place est devenue obsolète - sans douleur, sans frayeur, mais le constat est là. Du coup, ce blog a plus ou moins perdu sa raison d'être. Et cette année, entre ces différentes évolutions et mon manque de temps banalement chronique, je n'ai pas beaucoup mis les pieds ici, ni dans les groupes ou sur les réseaux sociaux.

Depuis plusieurs mois, je me demande si je dois continuer ce blog sur sa ligne éditoriale choisie au départ, lui faire prendre une direction qui bifurque en étant plus vraie même si tout le temps semi-cachée conformément à mes principes. Ou s'il est mieux que je l'arrête (malgré les quelque 30 brouillons toujours en attente) et profite de ce temps gagné pour retrouver en liberté, en temps de lecture, pour danser dans mon salon. Ou pour en ouvrir un autre - on n'est jamais à l'abri de ses contradictions.

Je n'ai pas de réponse à cette question, mais c'est là mon bilan de l'année, de ces années, de blog.