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12 November 2016

Un quartier de dégustations

Hier, plusieurs enseignes à Ixelles proposaient des événements ou dégustations spéciales à l'occasion de ce vendredi férié. Comme les trois propositions se trouvaient proches les unes des autres, l'idée est venue de les enchaîner. Il n'a pas fallu beaucoup pour convaincre les enfants de s'y déplacer, qui ont tout de suite été enthousiastes à l'idée de se goinfrer en version végane. Ce n'est pas pour ça qu'ils se sont dépêchés cependant, l'attrait du pyjama qui joue étant apparemment égal à celui du sucre et du chocolat...


Premier arrêt: Vegasme. L'offre du jour: Vegan Hot Dog Day! En bonus, "notre crêpière étant enfin arrivée, nous vous proposerons, en guise de dessert, des crêpes sans gluten au chocolat home made". Miam. Mais... à notre arrivée, nous découvrons un magasin bondé, le succès a été bien au rendez-vous. Et grâce à mes petits V bien lents, à l'heure où nous ouvrons la porte il ne reste plus qu'un seul hotdog! 


Pas de souci pour les petits, qui préfèrent les crêpes. J'ai donc la chance de recevoir ce dernier trésor... que mes enfants me pillent immédiatement évidemment! Du coup quand j'ai l'idée de photographier mon hotdog, il n'en reste plus une miette, en dehors de celle tombées malencontreusement sur le sol. Pendant qu'on attend une nouvelle préparation de pâte à crêpes, nous recevons une petite barquette de frites, et j'en profite pour faire mes petites courses comme je peux entre un Mini V qui tente de foncer vers la crêpière brûlante et les frigos vidés par le public au rendez-vous.


Nous discutons aussi avec le gentil responsable de ces délices ronds et sucrés, et quand elles arrivent enfin les crêpes nous prouvent qu'elles valaient la peine d'attendre. Mes enfants les préfèrent sans rien, ni sucre, ni coco chocolat, ce sont des fous furieux. Connaissant les étapes suivantes, c'était plutôt une bonne chose. C'est très chaud, on double triple les couches de protection des doigts, et ils se régalent doucement. J'en ai goutté un mini-coin, et c'était délicieux. Il y a même une de leur copine qui passe devant la vitrine, finit par rentrer dire coucou avec son frère et sa maman. L'ambiance est à la détente - enfin, sauf quand j'essaie d'empêcher Mini V de courir partout.


Deuxième arrêt: La Grainerie. Aujourd'hui était annoncé un Tea-Time avec carrot cake et glaçage de cajou; tarte crue vanille et "chocolat blanc"; et gaufres chaudes à la farine d'épeautre (sucre, sirop d'érable ou coulis chocolat). Les petits V avaient tellement apprécié les gaufres lors de leur première dégustation il y a quelques mois, nous ne pouvions pas manquer ça. En plus, maintenant que le coin snack est bien en place, s'y installer est un vrai plaisir, comme testé pour le brunch récemment avec Mlle V.


Pour éviter les coulis qui se retrouvent à décorer les vêtements par distraction, j'ai orienté la next gen vers la version des gaufres au sucre, et ils ne se sont pas faits prier. Un petit jus pomme et gingembre pour accompagner tout ça, de la lecture disponible surplace en attendant, des sourires à la jeune femme avec qui nous partageons la table (j'étais seule avec les deux petits monstres, avais-je oublié de le préciser?), et un bonheur visible lorsque les plats sont arrivés.


Comme de mon côté je mange relativement proprement, et comme je m'étais fait vampiriser mon hot dog à l'étape précédente, j'ai craqué pour la gaufre au coulis de chocolat, et je n'ai pas boudé mon plaisir. Vous le croyez si je vous dit que mes petits goinfres ont quand même demandé à en avoir quelques morceaux? On va dire qu'ils sont tous les deux dans une période de croissance, mouais... Et puis on a ici aussi fait nos petites emplettes en essayant (surtout Mlle V et moi) de ne rien casser, et puis ils ont longuement raconté leur vie, et puis on est enfin repartis.


Après moult hésitations, j'ai accepté de passer chez Upper Organic tester leurs jus, à la demande des enfants. Cette enseigne se fait désirer depuis des mois, propose des cures en ligne depuis le printemps, et a maintenant ouvert ses portes avenue Louise avec en bonus des petits mets crus. C'était sans appel le lieu le moins adapté à des enfants crevés en fin de journée que nous avons visité aujourd'hui. Inutile de dire que j'ai essayé de faire vite, malgré mon envie de discuter des possibilités de cures et autres avec les responsables.


Du coup, on a goûté les quelques propositions: des crackers de graines, des chips de kale, du pain essénien, le tout délicieux. Les petits shots de jus proposés permettaient de se faire une bonne idée des possibilités. Mlle V a adoré le jus vert contenant de la spiruline - son grand plaisir depuis qu'elle a découvert cette algue dans un shot vert récemment - et Glow Me, un jus de fruits divers bien jaune. Mini V a tout bu avec plaisir, le coeur ouvert, et moi j'ai également apprécié les diverses possibilités. J'ai juste évité leur lait végétal Yu-Kao malgré l'attrait du cacao: en effet, il s'agit d'un de leurs rares produits qui contient du miel.


J'ai attrapé deux-trois petites choses à consommer plus tard, payé, et je suis partie rapidement. Clairement, il faut que je revienne calmement, sans enfant, pour pouvoir en profiter sans me sentir comme trois éléphants dans un magasin de cures de jus. Upper Organic vient d'ouvrir, on leur souhaite le meilleur.

De notre côté, nous sommes rentrés retrouver Mister V et notre traditionnel film familial du vendredi soir. C'était une bonne journée. La prochaine fois je prends un autre parent avec moi, pfiou.

13 May 2016

Les petits gestes, ou comment se sentir accueillie en un gâteau

J'ai changé de travail. Après plusieurs années chaotiques à un poste qui ne me convenait en aucune façon, ni dans son contenu, ni dans son ambiance, ni dans ses collègues, j'ai enfin fait le saut vers un nouvel inconnu. Depuis presque un mois, j'apprends un quotidien plus détendu, plus intéressant, plus enrichissant. Cela change énormément de choses, jusqu'à notre vie de famille qui en bénéficie également. Jusqu'à ce blog, pour lequel je retrouve une motivation. Un travail, tant d'heures par jour, ce n'est pas rien.

Et voilà qu'à ce nouveau poste il est organisé une fois par saison un potluck (une auberge espagnole, du repas canadien, choisissez votre terminologie). Prise de court, je n'ai réussi qu'à préparer des cupcakes au chocolat en catastrophe avec les enfants et des ingrédients modifiés en dernière minute - pas photographiés, mais ce sont toujours les mêmes! Arrivée au potluck, je constate sans surprise que je ne trouverai pas grand-chose de salé à manger: des olives, des tomates, des bâtonnets de carottes, des gressins aux olives. 

Mais voilà que ma nouvelle supérieure vient s'excuser, elle a amené une salade tomate-mozzarella alors qu'elle avait pensé à préparer un plat végétalien, elle était fatiguée et a oublié, elle se ré-excuse...! Et ma nouvelle collègue, qui adore les défis culinaires, a préparé un cheesecake végétalien! Elle me l'avait montré une heure avant, avec un grand sourire: "Viens voir ton gâteau!" Et une autre me signale que ses barres de céréales faites maison sans gluten, car elle y est intolérante, ne contiennent aucun produit animal.

Je devrais être bien ici. En tout cas, ils savent accueillir les véganes.

29 June 2015

Les défis de l'école ou la créativité alimentaire à la dernière minute

L'année scolaire touche à sa fin, dans la joie et la tristesse, ce doux mélange de mélancolie qui commence trop tôt et d'impatience exaltée. C'est la dernière fois où je n'ai qu'un seul enfant à l'école, puisque Mini V fera sa joyeuse entrée en maternelle à la rentrée. Mes casse-tête seront multipliés, mais mes trajets quotidiens seront simplifiés. Verre à moitié plein, toujours.

Avant de célébrer la liberté de l'été (enfin, celle des enfants), petit retour sur des défis relevés au cours de ces derniers mois.


En effet, Mlle V a eu la chance de participer à de nombreuses activités avec sa classe, mais certaines n'étaient évidemment pas compatibles avec son mode de vie vegan. Pour le quotidien, elle était bien parée avec ses boîtes et la question des anniversaires était grandement simplifiée. Pour le reste, il a parfois fallu jongler.

Parfois c'était simple, il fallait juste adapter un peu par-ci, faire quelques cupcakes par-là. Et parfois c'était un peu plus surprenant. Mlle V et ses camarades ont ainsi abordé le thème de la préhistoire, notamment grâce à l'exposition sur les grottes de Lascaut qui a eu lieu au Cinquantenaire. Un investissement magnifique, un intérêt palpable, et puis... l'annonce par les maîtresses d'un grand "repas de Cro-Magnons" avec déguisements faits maison, et surtout nourriture "préhistorique": des légumes, ok, des brochettes de fruits, super. Et des cuisses de poulet, à manger avec les mains en grognant comme de vrais hommes préhistoriques... C'est le genre d'annonce qui me fait rater un petit battement de coeur, avant de repartir à la recherche d'une solution.


Pour le coup c'est Mister V qui a trouvé une idée qui permettait à Mlle V d'avoir quelque chose qu'elle aime, et qui puisse être mangé de la même façon. Il a préparé du seitanfu maison issu de notre bible de cuisine, Vegan de Marie Laforêt. Ensuite, je l'ai façonné pour donner des formes ressemblant le moins peu possible à des cuisses de poulet, et puis nous voulions planter des bâtonnets dedans pour faire l'os. Pas de chance, je n'en ai pas retrouvé dans mes tiroirs le matin même à 6h12. Mlle V est donc allée à l'école avec des cuisses de poulet vegan faites de seitanfu et de... petites cuillères en plastique plantées dedans! Elle a adoré, a pu faire comme les autres tout en se respectant. Ouf, défi relevé en équipe et haut la main.

Et puis vers la fin de l'année scolaire, la classe a suivi le thème des autres cultures, en voyant plein de pays différents - et en mettant les parents à contribution. Le résultat, c'est qu'au milieu des ateliers, chansons et danses, il y a eu énormément de nourriture: souvent nous ne le savions pas avant, et Mlle V nous a annoncé l'événement par après, mais elle a toujours eu quelque chose en échange. Parfois, miracle, c'était vegan, comme les roulés éthiopiens à trois goûts différents dont une version aux pois chiches.


Et puis un grand repas multiculturel a été annoncé: Grèce en entrée, Suède en plat principal, Autriche au dessert. Je n'ai jamais réussi à savoir ce qu'il y a eu de grec, le plat principal annoncé était évidemment composé de boulettes et de pommes de terre, et enfin un struedel aux pommes fermait la marche. Le tout cuisiné en classe au préalable.


Pour la Suède, j'ai dû laisser tomber, Mlle V n'aimant aucune des versions de boulettes vegan testées jusque là. On a pensé à refaire du seitanfu, mais le temps a joué contre nous. Pour la Grèce, j'ai dû imaginer. J'ai acheté des feuilles de vignes farcies sans viande, sachant que Mlle V les adore. J'ai fait un tzatziki maison au hasard: yaourt de soja nature, jus de citron, huile d'olive, concombre, menthe. Je me suis levée plus tôt pour cette préparation, pour que le tzatziki soit bien frais.

Et pour le struedel, j'ai trouvé une recette en ligne (dont j'ai malencontreusement perdu le lien après, sinon je le mettrais). Je n'étais pas persuadée que Mlle V allait aimer, mais au moins elle aurait le choix d'en avoir une version vegan. Et nous avons amené tout ça en classe le matin même.


Au final, elle a passé une très belle journée et un bon repas. Elle n'a aimé ni le tzatziki (alors qu'elle en aime tous les ingrédients séparément), ni le struedel. D'ailleurs aucun des struedels car celui fait en classe était également vegan. Si j'avais su...


Cela n'a l'air de rien dit comme ça, mais ces situations sont un véritable casse-tête, parce que nous sommes toujours prévenus à la dernière minute. Dans l'idéal j'aspire à trouver alors une alternative qui soit le plus ressemblante possible, tout en restant simple, qui n'ajoute pas de travail aux maîtresses qui en ont déjà bien assez comme ça, et qui plaise à Mlle V qui a hérité de mon côté disons... précis dans ses goûts.Pas toujours évident à concocter de la veille au lendemain avec les moyens du bord, ou plutôt des réserves, au milieu d'une vie qui roule déjà (trop) à toute vitesse.


Je constate en tout cas qu'au fil des mois et maintenant années je gère mieux ces situations, je trouve plus facilement mes marques. Et cela nous donne tous de la force. Je sens d'ailleurs que ma fille n'est pas vraiment inquiète, parce qu'elle est persuadée qu'on trouvera toujours des solutions. Une marque de confiance magnifique - et qui place la barre haut. 

Allez, on va profiter des vacances pour se reposer de tous ces défis, pour mieux reprendre en septembre, multiplié par deux!

17 May 2014

Une semaine au vert pour Mlle Vegan

Il est temps que je vous parle des vacances de Pâques. Oui, celles de cette année. Oui, celles qui sont bien terminées depuis un moment. Parce qu'on a tenté une petite folie et que finalement ça s'est bien passé. Et parce que c'était assez éprouvant à organiser et que rien que d'y repenser j'ai une dose de stress qui remonte, j'ai mis longtemps avant d'en écrire le récit.

Mlle V a donc 5 ans, et avait la possibilité de partir une semaine au vert en stage pendant les vacances de Pâques. Un stage organisé par deux institutrices de son école, et auquel allaient plusieurs de ses copines. Une semaine de stage pour une petite vegan, était-ce seulement imaginable? Nous avons décidé d'exposer le problème aux organisatrices pour voir si cela leur semblait faisable. Leur réponse immédiate: mais bien sûr! Je précise que ces institutrices connaissent Mlle V depuis plus de deux ans, sont habituées à son régime alimentaire et à ce qu'elle ait ses alternatives quand nécessaire. Elles sont également très ouvertes et très dynamiques.


J'étais ravie que Mlle V parte toute une semaine en camp au vert avec plusieurs copines. On était tous prêts pour ça, elle était impatiente, et je me suis baignée dans les sourires et les messages rassurants des instits qui garantissaient que nos choix seront respectés. Mais tout analyser jusque dans les moindres détail, devoir presque faire un interrogatoire (les pauvres!) pour tout savoir et aviser ce qui doit être remplacé, ce que nous devons amener, ce qui peut être consommé, avoir cette vaste responsabilité sur les épaules pour garantir un bon séjour à une petite vegan de 5 ans qui sera loin de nos rassurances et informations sur la nourriture pendant une semaine,... J'étais en confiance mais au cours des derniers préparatifs j'en ai mal dormi la nuit. Mon niveau de stress a atteint des sommets, et c'est à peu près à ce moment-là qu'est né mon petit billet sur les jours difficiles.

Le vrai casse-tête a été de déterminer comment s'organiser. C'est ce qui a pris le plus de temps, car c'était une première pour tout le monde. Nous avons d'abord envoyé des infos de base et les alternative possibles. Nous avons obtenu oralement quelques indications sur les petits déjeuners et avons préparé une liste de possibilités de rechange. Nous avons appris qu'ils feraient peut-être des crêpes et les institutrices nous ont demandé au cas où une recette végétalienne, que nous avons fournie. Mais dix jours avant le départ, autant nous étions bien au point sur le contenu de la valise, autant pour la nourriture on nageait toujours un peu.

Ce qui a tout décanté a été de recevoir de la part des organisatrices le menu exact de la semaine. Nous l'avons eu en mains cinq jours avant le départ. Sur base de celui-ci, nous avons pu concocter la semaine alimentaire de Mlle V. Le tout en tableaux, parce que quand je panique je fais des tableaux - et après on me croit calmement organisée, ce qui me fait bien sourire.

Nos principes de base ont été de proposer des alternatives:
- qui soient le plus simple possible à gérer pour les responsables;
- qui plaisent à Mlle V;
- qui s'insèrent facilement dans le menu des autres, qui ressemblent à ce qu'ont les camarades.

Les petits déjeuners
Suivant les matins, soit des tartines avec confiture et pâte choco, soit des céréales avec du lait. La pâte chocolat était évidemment du Nutella. Et les céréales "un mélange des céréales classiques comme des Miel Pops et autres". Nous avons donc fourni des céréales vegan, de la pâte choco vegan (oubliée sur les photos), et du lait de riz.

Extrait du tableau remis aux organisatrices
Les repas de midi
La totale, la fête de la tartine belge sur laquelle on met du fromage ou de la charcuterie. Là dans le manque de temps pour aller chez ARFshop ou commander chez Un Monde Vegan, comme ma commande chez VeganLife était en retard, ce qui m'a sauvée c'est une expédition chez BioPlanet, où j'ai trouvé des tranches fumées et autre salami Wheaty. On a également ajouté du pâte de légumes Abinda et du pâté de champignons Tartex. (Inutile de mettre du faux-mage à Mlle V, elle déteste ça.)

Les repas du soir
Suivant les jours, on a pu soit trouver une option facile, soit garder la garniture (après avoir reçu la confirmation qu'elle était sans produits animaux) et remplacer la viande. D'autres soirs c'était un peu plus casse-tête. Ainsi, le soir des pâtes jambon-fromage nous a donné mal au crâne, mais l'organisatrice avec qui nous avons discuté nous a dit n'avoir aucun problème à préparer autre chose pour les pâtes de Mlle V. Cette dernière étant accro aux pâtes champignon-tofu fumé, qui remplacent assez bien l'affaire, nous avons donné de quoi faire celles-ci facilement, avec des champignons en boîte en morceaux - évidemment normalement on coupe nous-mêmes des champignons à la minute, mais là l'idée était que ce soit le plus simple possible pour celles qui sont en cuisine.
Extraits de mon tableau pour les organisatrices

Les goûters
Suivant les jours ceux-ci se composaient de fruits frais, fruits secs, ou de biscuits et autres gaufres préemballées. Nous avons donc fourni une réserve de biscuits comme pour les collations à l'école.

Les desserts
Nous avons préparé des desserts pour toute la semaine, car le menu officiel était composé de Petits Gervais, yaourts et autres mousses au chocolat...

Une fois le menu bouclé, ma respiration est redevenue normale. Mais parallèlement, il y a eu des petites surprises inattendues. Parce que sinon c'est pas drôle.



Les défis de dernière minute

Surprise n°1
Une chasse aux oeufs était organisée pendant le stage... J'en ai commandé en urgence chez VeganLife dès que j'ai eu l'info, mais ma commande est restée coincée et la veille du départ je n'avais pas de petits oeufs vegan. J'en ai trouvé par miracle en dernière minute chez BioPlanet.

Surprise n°2
On apprend qu'ils donnent régulièrement des bonbons lors des activités au stage. Ah. On prévoit donc une cargaison de bonbons, beaucoup trop pour être sûrs, et on ferme les yeux sur les beaux principes de limiter le sucre.

Surprise n°3
Trois anniversaires seraient fêtés pendant le stage, il y aura des gâteaux. Rapide discussion avec une des organisatrices, et il est convenu que je prépare un gâteau maison vegan le matin du départ, qu'à l'arrivée il soit mis au congélateur, qu'il soit sorti de là le matin du jour de fête pour être consommé en fin de journée à la fête groupée.

Surprise n°4
Pour un de ces anniversaires les parents amenaient une piñata. Ils nous ont prévenus directements et ont vu avec nous quels bonbons ils pouvaient mettre pour Mlle V. Ceci s'est un peu réglé à la dernière minute, mon coeur a fait des petits sursauts.

Surprise n°5
Lorsque le temps est moins beau et que les enfants ne peuvent participer à des activités à l'extérieur, il y a des ateliers cuisine, avec des gaufres, des crêpes, des gâteaux et autres joyeusetés comportant du beurre, des oeufs, du lait de vache, voire les trois à la fois. Ceci a généré une longue conversation téléphonique, avec aucune véritable décision au final mais l'envoi d'une recette de crêpes végétaliennes au cas où. Nous avons fourni une recette doublement testée: réalisée par Mister V qui n'a pas l'habitude d'en faire et confirme que c'est très facile, et goûtées par une amie omni qui les a trouvées bonnes, histoire d'être sûrs.


À l'arrivée
Le jour de l'arrivée au camp, nous avons comme tous les autres parents installé notre fille dans sa chambre, découvert les lieux, et l'avons vue s'ouvrir doucement et finalement jouer dans l'immense jardin avec ses copines en rigolant. La différence c'est que nous sommes arrivés avec en plus un sac de nourriture et une petite glacière, et nous avons attendu qu'une organisatrice soit plus calme pour détailler le tout.

En cuisine, nous avons ainsi suivi le tableau des jours et donné les aliments concernés avec explications au fur et à mesure. Il a tout de suite été clair que pour elles il était effectivement plus facile d'avoir les choses bien classées. En effet, pour leur propre organisation en cuisine elles ont mis les choses par repas avec les victuailles des autres pour le même soir. J'avais peur d'en avoir fait trop avec mon tableau, j'avais même mis un code couleur: vert elle peut manger comme les autres, rouge on fournit une alternative. Au final, elles m'en ont remerciée et m'ont dit qu'il était très utile et très clair. Bon à savoir pour l'avenir.

Bilan
La semaine s'est très bien passée. Mlle V s'est éclatée, elle est revenue bronzée et joyeuse. Les institutrices m'ont garanti qu'il n'y a eu aucun souci. Lors des activités elles ont utilisé les bonbons donnés, et toujours bien fait attention au véganisme de Mlle V. Leur menu a dû être changé pour un jour, du coup le plat de Mlle V ne ressemblait plus à ceux des autres, mais elles lui ont expliqué la situation le jour-même et m'ont dit qu'elle avait très bien vécu la chose.

Nous savons maintenant que ceci est possible, et c'est un grand soulagement. Les enfants grandissant nous serons confrontés à des semaines de camps avec l'école. Il sera plus rassurant pour nous d'aborder les profs responsables le moment venu en pouvant leur dire qu'on l'a déjà fait, que c'est faisable, et leur donner les noms de leurs collègues pour qu'ils puissent leur demander directement leurs impressions.

Au bout du compte, les ingrédients principaux d'une semaine au vert pour une petite vegan sont une organisation précise et de la bonne volonté chez tout le monde. Le reste en découle naturellement. Je m'en souviendrai la prochaine fois, pour préparer le tout dans la joie et les sourires.


24 March 2014

Mlle V et la pyjama party

Mlle V, du haut de ses tout juste 5 ans, a une vie sociale étonnante. Certains pensent que notre véganisme pourrait avoir une influence négative sur ses amitiés, or pour l'instant nous n'avons encore reçu aucune remarque négative à ce sujet, même si j'imagine que l'avenir, dont en particulier l'adolescence, n'a pas dit son dernier mot. Ces dernières semaines, elle est même invitée à un anniversaire par week-end en moyenne, dont un qui était à 90% vegan pour qu'elle puisse s'y détendre au maximum - on ne remerciera jamais assez les parents de sa copine pour ce geste qui a été plus que remarqué.

Et ce week-end, Mlle V était invitée à une fête d'anniversaire sur le mode pyjama party, avec repas du soir, dodo et petit déjeuner chez une copine avec plusieurs autres enfants. Quand cette invitation est arrivée, nous étions ravis que l'alimentation ne soit pas un frein à ses activités d'enfant joyeuse, et... j'ai un peu paniqué, parce que je suis une grande nerveuse.

Mlle V avait déjà dormi ailleurs, et quand ça se fait en binôme cela fonctionne simplement, même si on devait tout fournir - ce qui n'a pas encore été le cas. Mais là c'était combiné avec un anniversaire, et en groupe. La différence peut compliquer. Mais comme on le répète souvent, tout est question d'organisation, de dialogue et... de confiance en nos enfants, qui souvent se posent finalement moins de questions que nous.

Je précise au passage que le régime alimentaire de notre fille est connu de presque tous les parents de ses copines et copains à l'école depuis deux ans, et qu'ils voient que tout fonctionne bien sans accro avec les instits, ce qui met tout le monde en confiance. Leurs enfants sont également habitués, et ont intégré son véganisme comme les allergies de l'une ou le hallal de l'autre, sans s'y arrêter.

Pas de bonbons dans la famille où elle était invitée, donc un souci en moins dès le début. La maman étant très cool, on a discuté une semaine à l'avance pour déblayer le terrain, puis on s'est coordonnées par e-mail. Elle a créé un menu qui soit à la fois kid friendly, apprécié par sa fille dont c'était la fête, et facilement modulable pour nous. Voici comment on s'est tous arrangés, en essayant de faire au plus simple en pensant aux hôtes qui avaient déjà bien assez à gérer à ce moment-là.

En entrée
Le menu officiel: crudités, avocat au citron, olives et fruits. 
Notre approche: rien à faire, rien à redire, et le coup des fruits était même un choix apprécié de Mlle V qui s'est ruée sur les fraises... et les olives.

En plat
Le menu officiel: fish and chips avec ketchup. 
Notre approche: pour remplacer le poisson pané, nous avons avec l'accord de Mlle V amené du Tofu au basilic qu'elle adore. Coupé en petites tranches, cru, elle en raffole. Simple à préparer pour la famille accueillante, et garantie que notre fille mange quelque chose qui lui plaît. Les frites bio au four étaient exactement les mêmes que celles qu'on utilise. Pour le ketchup: vérification de la composition à l'arrivée: vegan, oui!

En dessert
Le menu officiel: fondant au chocolat et glace. 
Notre approche: alors là on n'a pas réussi à être parfaits. J'ai préparé les cupcakes au chocolat de Vegan cupcakes take over the world, très appréciés, et en ai fourni deux en me disant qu'il y en aurait un de secours au cas où - parmis les dix restants, j'en ai gardé deux pour Mister V et Mini V, et j'ai congelé le reste pour des occasions qui me prendraient par surprise. Pour la glace... on s'y est pris trop tard, il n'y avait plus de glace au lait de riz ou soja dans les magasins où on se fournit habituellement, on a raté le coche. Mlle V a donc eu les deux cupcakes au lieu d'un, et une double ration de fraises. Elle adore les fraises, ouf.

Au petit déjeuner
Le menu officiel: chocolat chaud, fruits, viennoiseries, céréales.
Notre approche: j'ai proposé à Mlle V de lui mettre un berlingot de lait de riz au chocolat - à la maison on lui prépare du cacao dans du lait de riz, mais pour simplifier pour les hôtes exceptionnnellement on a choisi le tout prêt. Elle a préféré un lait de soja à la vanille au moment de faire sa petite valise... et s'est plainte le lendemain de ne pas avoir eu au chocolat comme les autres enfants. Une belle leçon pour moi: la prochaine fois je mettrai un de chaque. Pour les céréales, elle n'est pas une grande fan à la base, on a vérifié la composition sur place: vegan, oui!
Pour remplacer les viennoiseries, j'avais imaginé préparer de vrais croissants ou pains au chocolat vegans maison - très ambitieux surtout que je n'ai encore testé aucune recette. Mais dans la vraie vie qui court partout (et qui avait un brunch le matin-même, billet à venir), j'ai fait simple et rapide: de la pâte feuilletée bio coupée en huit parts, du chocolat pâtissier coupé en petites lamelles, mettre les secondes sur les parts de la première, rouler en croissant, 15 minutes au four, et hop.


Quand on a amené Mlle V chez sa copine, elle s'est immédiatement lancée dans la fête, toute joyeuse, a sorti son déguisement de reine de sa petite valise, a jeté le cadeau d'anniversaire dans les bras de la princesse du jour - enfin, du soir -, et ses rires ont vite fusé.

Pendant ce temps, j'ai monopolisé la maîtresse de maison quelques minutes pour lui réexpliquer le contenu alimentaire amené, vérifier la composition du ketchup et des céréales, lui rappeler qu'elle n'hésite pas à nous téléphoner si questionnement, et lui souhaiter bonne chance.
Notre fille nous a à peine dit au revoir, et nous sommes rentrés avec Mini V, qui a demandé sa soeur dès qu'on est sortis...

Au final, tout s'est bien passé. On a récupéré une petite fille ravie, qui a juste eu un doute concernant le ketchup, mais a été rassurée d'apprendre que j'avais confirmé que c'était vegan. C'est la première fois que je ne lui liste pas tout directement, j'aurais peut-être dû.

Et elle est revenue avec des étoiles dans les yeux.

05 March 2014

Des muffins de Carnaval

Comme les vacances ont lieu cette semaine-ci, en tout cas pour nos enfants, c'est la semaine dernière que l'école a fait une fête pour Carnaval. On avait été prévenus bien avant, la seule instruction était que ce jour-là les enfants devaient se déguiser. Ah, et que les baguettes magiques étaient interdites. Détail qui nous a fait sourire, tout en compréhension, et dont la signification a pris encore plus d'ampleur quand le jour J Mister Vegan a amené notre fille à l'école et m'en a dit juste après que côté filles il y avait "environ 98% de princesses"... (soupir)

J'adore l'école de Mlle Vegan et son approche très ouverte en ce qui concerne notre mode de vie. Je comprends les difficultés de s'organiser pour maintenir les flux d'informations avec autant d'enfants et beaucoup de spécificités. J'avoue que j'ai quand même eu un petit choc quand on m'a dit la veille aux alentours de 17h18 que ah, au fait, pour Carnaval les enfants ont préparé des gauffres, des crèpes et des gâteaux, donc si je pouvais prévoir quelque chose pour Mlle Vegan...

En en discutant avec la principale intéressée, j'ai appris que le jour-même dans sa classe ils avaient effectivement fait des gauffres, et qu'elle en était très heureuse. Elle m'a bien précisé également qu'elles n'étaient pas vegan, et que tous les enfants en avaient goûté un bout sauf elle.


Mon coeur et mon cerveau se sont mis en route immédiatement. Dans un premier temps j'ai espéré réussir à lui préparer un gâteau et des pancakes, pour qu'elle ait le choix comme les autres, en insérer tout ceci dans notre soirée où nous avions un invité et où je devais préparer la soupe pour le repas du lendemain soir. Dans un deuxième temps, Mister Vegan m'a rappelé que j'étais déjà épuisée, que personne ne me demandait de jouer à WonderWoman et que Mlle Vegan était facilement heureuse.


Dès que nous sommes rentrées elle et moi, je lui ai donc demandé ce qui lui ferait plaisir à elle pour cette fête de Carnaval. Elle a répondu en sautant de joie: "Des muffins banane-chocolat, des muffins banane-chocolat!". C'est ici que je perds des lecteurs qui se disent qu'en fait on ne fait que ça, on ne parle que de ça et on ne mange que ça... Il est vrai que ces muffins sont tellement simples à préparer qu'on peut le faire les yeux fermés ou presque, et en les faisant cuire dans des moules à cupcakes on en obtient une bonne quantité à taille de petits mains. Le mélange banane-chocolat est un basique qui plaît à quasi tous les enfants.

Comme elle avait adoré faire des gauffres en classe et que la plus grande partie du plaisir dans les pâtisseries c'est quand même de les préparer, nous nous y sommes mises en duo. Très fière, la petite demoiselle, de verser l'huile, de touiller, de goûter les pépites de chocolat, de lécher le saladier...


Au bout du compte, je ne me suis pas lancée au milieu de la nuit dans la préparation de pancakes, j'ai aidé Mini Vegan en pleine poussée dentaire à se calmer et se rendormir et je suis sagement allée me coucher. Et le lendemain Mlle Vegan était toute contente, déguisée en princesse, d'amener à l'école ses propres muffins faits avec tendresse et complicité. Elle a passé une belle fête de Carnaval, a joué, rit, et même dansé. Et de la vingtaine de muffins partis à l'école il n'est quasi rien resté.

Mlle Vegan n'a pas souffert du fait que je n'ai pas ajouté des pancakes. Elle était joyeuse, et fière d'avoir pu faire profiter de ses muffins à un camarade intolérant aux oeufs. J'ai pu me coucher sans culpabiliser, et ravie d'avoir pu égayer la journée d'un autre enfant au passage.

20 February 2014

Un pain maison, un pain trahison, un pain avançons

Mlle Vegan est retournée à la ferme pédagogique avec son école. Comme expliqué auparavant, après mûre réflexion nous la laissons participer à ce projet de classe et nous encadrons le tout de grandes discussions sur les animaux rencontrés.

Mlle Vegan est revenue de cette journée avec un grand sourire et très très fière, car elle avait fait du pain. Son visage tout éclairé, tout grandi, tout ébloui, d'avoir fait du pain elle-même, d'y avoir ajouté des graines de sésame, et d'y avoir dessiné une petite décoration qu'elle nous a consciencieusement montrée d'un doigt respectueux. Un bon pain.

Ce pain-là, ce pain rare et précieux, nous l'avons dégusté avec notre repas du soir le jour-même. Mlle Vegan l'a rompu de ses petites mains et l'a distribué au fur et à mesure, à Mini Vegan, à Mister Vegan, à elle-même et à moi. Il était bon. Et nous avons passé un beau moment, à savourer à la lumière des bougies - oui, parfois on est comme ça; enfin surtout moi.

Lorsqu'est venu le moment pour Mini Vegan d'aller se coucher et pour Mlle Vegan de dessiner dans son "Cahier des Choses préférées" qu'elle remplit au quotidien - son premier journal, en quelque sorte -, on a reparlé de ce pain. Elle nous a expliqué comment elle l'a préparé. La farine, les graines de sésame, la levure, le beurre... Le beurre?!? Dans du pain?


Une fois tous les fils démêlés, il en ressort qu'on leur a donné un tout petit bout de beurre à mélanger avec la levure. "Pour faire gonfler". Et que Mlle Vegan suivant consciencieusement les instructions a utilisé ce qu'on lui a donné. Après discussion avec les instits, on comprend qu'ils ont fait de leur mieux. Ils ont bien expliqué à la ferme qu'il ne fallait pas donner de jaune d'oeuf à notre fille comme aux autres enfants, qui en ont badigeonné leurs pains "pour faire dorer". Mais ils ont zappé le coup du beurre, parce que beaucoup de choses à gérer et pas le réflexe de voir que ça provient de la souffrance animale.

Par un concours de circonstances, l'information ne nous est pas parvenue. Et Mlle Vegan, qui savait qu'elle devait nous le dire, l'a bien fait, mais du haut de ses cinq ans n'a pas pensé à le dire avant. Parce qu'elle était impatiente qu'on goûte son pain, qu'elle avait fait elle-même. Parce qu'elle était fierté. Et nous aussi.

Alors voilà, nous avons tous mangé du pain avec un peu de beurre dedans. Et nous avons dû aviser notre réaction en une demi-seconde.

Parce que, est-ce que c'est grave?
Oui. Oui parce que laisser passer un mini-bout de beurre en disant que ce n'est pas grave c'est ouvrir la porte à plein de petits "c'est pas grave". C'est déplacer la limite d'un emplacement clair (éviter la souffrance animale) à un croisement flou. C'est brouiller le message auprès de Mlle Vegan, et de son petit frère plus tard, et ne pas leur donner les outils pour définir clairement ce qu'ils mangent ou non, et les raisons de ces choix.

Oui mais, est-ce que c'est grave?
Non. Non parce que Mlle Vegan a fait de son mieux. Non parce que les instits aussi ont fait de leur mieux, notamment en identifiant tout de suite la question des oeufs. Non parce que nous avons tous appris un peu plus comment fonctionner au quotidien, entre nous et avec l'école. Non parce que ça a fait ressortir certaines zones floues chez Mlle Vegan et un besoin de reclarifier le message.

Nous avons discuté avec notre aînée, si petite et qui doit expliquer le véganisme à des adultes. Nous lui avons assuré qu'elle avait fait de son mieux, et qu'elle pouvait être fière de son pain. Nous lui avons demandé si elle avait des questions. Nous avons compris qu'il est temps de passer à des messages plus clairs. Nous nous sommes faits de gros câlins.

Être vegan dans un pays qui ne sait pas ce que c'est, ce n'est pas toujours évident. Être vegan à 5 ans, entourée d'adultes qui ne savent pas ce que c'est, ça a l'air simple mais c'est une sacrée gymnastique. Mlle Vegan peut être fière d'elle-même, de faire de son mieux au quotidien et de s'affirmer en douceur auprès de ses ami.e.s. Il était très important qu'elle ne soit pas culpabilisée, qu'elle reste contente.

Ne pas dramatiser. Apprendre. Avancer. Et être fiers d'avoir une fille qui apprend à faire son propre pain. Quitte à clarifier la recette...



28 January 2014

Parfois, c'est simple

La vie quotidienne peut être un défi, quand on est une famille végane en Belgique. À force, on s'habitue, à devoir tout planifier, tout prévoir, à avoir en stock de quoi faire à la minute un nombre de muffins digne d'une pâtisserie à Noël pour parer aux anniversaires, aux événements impromptus, aux fêtes à l'école, etc.

Et puis parfois c'est simple.

Une fois par semaine, Mademoiselle Quatre Ans a un cours d'anglais après l'école, avec d'autres enfants. Elle a là-bas une de ses boîtes à collations, ils la connaissent bien et sont bien repectueux de son véganisme. Et soudain, ils m'ont envoyé un email, pour me signaler que la prof voulait faire un gâteau en classe à l'occasion d'un anniversaire. En voyant le sujet du message, j'ai pensé qu'il s'agirait comme d'habitude de préparer un gâteau à la maison que Mademoiselle Quatre Ans amène, pour qu'elle participe à la préparation avec les autres, mais n'en mange pas le résultat.

Mais non. Ce que la prof voulait, c'était des recettes véganes, pour que tous les enfants puissent manger le résultat de ce qu'ils auront préparé en classe ensemble. Ce que la prof voulait, c'était inclure Mademoiselle Quatre Ans à 100% pour qu'il n'y ait aucune différence, parce que pour les autres enfants il n'y a pas de problème à cuisiner et manger vegan, mais que pour elle c'est inenvisageable de manger non vegan. Ce que la prof voulait, c'était respecter complètement et totalement Mademoiselle Quatre Ans.

J'ai été bien émue, j'ai envoyé l'infaillible recette des muffins banane-chocolat de Veggie Bulle tirée de The Joy of Vegan Baking. J'ai respiré un grand coup et j'ai douté, j'ai pensé qu'ils allaient peut-être renoncer.

Et puis j'ai vu Mademoiselle Quatre Ans revenir de ce cours en sautant partout de joie, qui m'expliquait entre deux sauts tout ce qu'ils avaient mis dans les muffins et comment ils avaient cuisiné, et comment c'était bon. Et puis Mister Vegan a remercié la prof, et celle-ci lui a répondu que "c'est normal".

C'est normal...

Cette joie-là, je ne l'oublierai jamais.
Cette prof-là je ne l'oublierai jamais.

Cette joie-là était tellement belle.
Cette prof-là a su voir que parfois, c'est simple.

(tous les ingrédients ne sont pas listés - et Mademoiselle Quatre Ans n'a goûté que le chocolat noir)

08 June 2013

"Ferme pédagogique"

Être parent vegan, ce n'est pas toujours simple. On a sa routine organisationnelle pour le quotidien, gérer les repas à l'école, les anniversaires et autres festivités. Tout roule. Et puis, il y a ces petits défis ponctuels. Prochaine étape: la visite d'une ferme pédagogique avec l'école...

Qu'est-ce que quoi donc qu'une ferme pédagogique? Et bien, voici ce que me dit Wikipedia - qui n'est pas une vraie référence mais quand même:
"Une ferme pédagogique est une ferme où sont élevés des animaux et/ou sont cultivés des végétaux à vocation vivrière et accueillant, dans le cadre scolaire ou extra-scolaire, des visiteurs dans un but pédagogique."
Il y a à Bruxelles plusieurs fermes de ce type, je ne sais pas dans laquelle elle ira. Celle de Nos Pilifs explique sur son site que "les animations, centrées principalement sur les différents travaux qui rythment la journée du fermier, ont pour but de faire découvrir aux enfants le monde de la ferme et les animaux qui y vivent". La Ferme du Parc Maximilien propose quant à elle diverses animations, dont une seule centrée sur les animaux. S'il s'agit de celle-là, croisons les doigts... Quant à la Ferme d'Uccle, elle a un programme bien précis par année scolaire.

Ce que nous savons, c'est que nous devons fournir pour notre fille ce jour-là:
- un chocolat à boire car les autres enfants recevront un chocolat à base de lait de vache frais;
- des tartines car ils mangeront un sandwich au jambon ou au fromage provenant de la ferme.

Et voilà, le dilemme.

Photo empruntée ici

Si je n'avais pas encore d'enfants, ma réaction immédiate serait de dire que cette petite fille ne devrait jamais aller à ce genre d'activité! Les choses seraient simples, bien claires, et je dormirais sur mes deux oreilles - déjà, comme je n'aurais pas d'enfants, je dormirais mieux tout court, mais je m'égare...
Avec les enfants les choix ne sont plus aussi tranchés, ils sont désormais entre gris clair et gris foncé, à toujours chercher un équilibre.

Dans le monde idéal, ceci n'existerait pas. Les enfants visiteraient des refuges pour animaux en péril qui leur apprendraient à respecter les animaux et à les aider, et non pas à les exploiter et les faire souffrir. Mais voilà, cela n'est pas possible aujourd'hui, actuellement, ici. En Belgique, à ma connaissance les refuges ne se visitent pas de la même manière que le sont les Animal Sanctuaries aux États-Unis, et en Belgique les enfants visitent des "fermes pédagogiques". Or j'aimerais que mes enfants puissent rencontrer ces animaux dans des conditions respectueuses et d'égal à égal.

En même temps, il s'agit d'une expérience de groupe, préparée depuis des semaines en classe, ils n'y parleront pas du tout que des animaux mais aussi des fruits et légumes, et son école a toujours été très ouverte et respectueuse quant à nos choix de vie.

Tout pensé et repesé dans tous les sens, la conclusion qui nous est personnelle et qui nous convient dans notre vie actuelle est de la laisser participer à cette activité. Mais de bien en discuter avec elle, de lui parler de l'exploitation à son échelle avant qu'elle y aille, et après d'assurer un suivi important, en lui demandant ce que d'après elle devaient ressentir les animaux présents, ce qu'elle pense de leur situation, etc.
Profiter de ce défi qui se met dans nos pattes pour lui permettre d'approcher ces animaux de près, d'avoir un contact, et immédiatement la faire parler de ses émotions, encore innocentes, et de ce qu'elle pense elle-même de tout ça avant que les traditions et la société actuelle lui disent ce qu'elle doit en penser.

En gros, d'avoir en famille une approche pédagogique de la ferme...

24 November 2012

Non, les bonbons ne sont pas forcéments vegans (bien au contraire)

La vie a l'art de nous placer face à des situations qui nous testent.

Les instits de l'école de ma fille sont très attentifs au respect de son végétalisme. Elle a tout un stock de friandises en classe pour servir en cas d'anniversaire ou de collation collective non végétalienne; nous sommes toujours prévenus lorsqu'un événement spécial se prépare (des pains au chocolat à la veille de Noël, par exemple), ou lorsqu'une recette non végétalienne va être réalisée en classe, etc.
Et pourtant, les meilleures intentions du monde ne fonctionnent que si les informations sont au rendez-vous.

Une instutrice ayant été malade, elle a été remplacée pendant quelques semaines. Et voilà que la remplaçante, que ma fille aimait beaucoup, a dû partir pour rendre sa place à l'institutrice enfin guérie. On parle de son départ, le soir, et ma fille m'explique qu'en guise d'au revoir la remplaçante a offert des bonbons aux enfants. Je creuse un peu, et j'apprends que ma Fée-Garou a reçu de ces bonbons. Je lui demande: "Et ils étaient vegans?". Et elle me répond: "Oui, j'ai demandé et elle m'a dit que c'était vegan". J'avais un doute, mais j'ai laissé couler. (Et je suis fière de ma fille qui a demandé.)

Deux jours plus tard, elle m'en reparle au milieu de nulle part. Et m'explique qu'elle a aimé ces bonbons, et qu'elle a eu un nounours vert, et un jaune, et un rouge. Des nounours? "Oui, ils étaient en forme de nounours, c'est rigolo, hein!" Rhaaa, ma fille a mangé des Haribo! Pas vegan du tout ça, non mais ho!

Dans l'absolu, je sais bien que l'instit remplaçante a fait de son mieux avec les informations qu'elle avait. Ce qui me mine, ce n'est pas tant que ma fille ait mangé trois malheureux bonbons (je n'en suis pas ravie, hein, que les choses soient claires!): ce genre de dérapage peut arriver, est arrivé et arrivera encore. Ce qui me mine, c'est que cela montre à quel point les gens n'ont absolument aucune conscience de ce qu'ils mangent, de ce qui se trouve dans l'alimentation, du fait que les animaux sont exploités partout, tout le temps. Et moi-même il m'a fallu des années avant de me rendre compte de cela. Comment informer tout ces gens?

Parallèlement, je suis face à un dilemme à court terme: expliquer à ma fille que ces bonbons n'étaient pas vegans, ce qui risque de la rendre malheureuse, elle qui fait tellement attention à cela? ou laisser l'affaire passer pour l'instant mais prendre le risque qu'elle affirme d'elle-même à d'autres que ces bonbons sont vegans puisqu'elle le croit profondément?

Les défis du quotidien...

08 November 2012

Un gâteau au potiron improvisé

L'école est parfaitement informée du régime vegan de la Fée-Garou (3,5 ans) et le respecte parfaitement, voire avec intérêt. Il y a deux semaines, dans le cadre de leur étude du thème de l'automne, ils ont décidé de préparer un gâteau au potiron. Les maîtresses m'ont prévenue une semaine à l'avance du jour où ce serait préparé et du jour où il serait mangé (le lendemain).

Je me suis donc retrouvée avec comme défi la préparation d'un cake au potiron (les instits partant d'une base de quatre-quart en ajoutant du potiron, d'après ce qu'elles m'ont dit), sans en avoir la moindre expérience. C'est là que je me suis tournée vers mes repérages sur Pinterest, et que j'ai vu que j'y avais glissé un Pumpkin Spice Bread du blog FatFree Vegan Kitchen. En lisant la recette, j'ai vu qu'à quelques détails près c'était sensiblement la même chose. Je me suis donc lancée là-dedans.

La difficulté que j'ai rencontrée est avec le "canned pumpkin". Je n'ai jamais entendu parler de potiron en boîte, et j'ai donc demandé à mon ami Gogole de quoi il s'agissait exactement, pour ne pas commencer à faire n'importe quoi. Et j'ai bien fait, car là où je pensais que ce seraient des cubes de potiron en boîte, c'était en fait du potiron cuit en purée. Or je n'avais rien de ce genre sous la main et pas le temps de commencer à dépecer mon potiron pour le cuire et le réduire en purée. Bon.
Comme j'avais depuis quelque temps des cubes de potiron cuits congelés dont je ne savais trop que faire, j'ai décidé de les décongeler, puis de les passer au blender pour en faire une purée. L'opération a pris un peu de temps, mais moins que si j'étais partie d'un potiron tout frais tout cru. Une fois cet ingrédient créé, le reste est allé tout seul, ou presque. 
Mon subsitut d'oeuf n'étant pas de la même marque, les instructions demandaient de le mélanger avec deux fois moins d'eau que ne l'indiquait la recette. Comme je n'utilise jamais de poudre de substitut d'oeuf, je n'ai pas osé prendre de risques, et j'ai obéi aveuglément à ma boîte.

Le rendu du gâteau était plus mou que ce à quoi je m'attendais. Par contre l'odeur était délicieuse, avec ce mélange de cannelle et de potiron!
Je n'ai pas pu goûter le résultat, car la Fée-Garou amenait le gâteau en entier à l'école. C'est ainsi qu'on procède généralement, pour qu'elle puisse partager avec ses camarades. Elle adore faire découvrir "sa nourriture" aux autres, et c'est une occasion pour elle de manger la même chose que ses copains. J'étais assez nerveuse de ce que ça allait donner, parce que je n'avais aucune idée de si ce gâteau était bon ou infâme. Mais le verdict des maîtresses a été sans appel: délicieux! Comme il était plus foncé (les épices?) que celui qu'ils avaient fait en classe, les enfants en étaient plus attiré (espéraient-ils y trouver du chocolat?), et apparemment ils ont apprécié. Et ma fille aussi, qui était en plus fière que ses copains préfèrent "son" gâteau!

Et moi, je suis contente que cela ait plu à tout le monde, même si je regrette de ne pas l'avoir goûté. Il me semble important que les rares occasion où les omnivores goûtent à des pâtisseries vegans elles soient délicieuses, c'est donc avec soulagement que j'ai accueilli le feedback de la dégustation. Mais pour la prochaine fois, j'aimerais bien trouver du "canned pumpkin" tout fait!